Chicago : laboratoire à ciel ouvert
Choisir un quartier digne de mention à Chicago quand on parle d’architecture, c’est beaucoup trop se restreindre. À Chicago, c’est toute la ville qui est un phénomène architectural!
Étrangement, c’est une tragédie qui a mis Chicago sur «la map» en matière d’architecture. En 1871, ce qu’on appelle le Grand incendie de Chicago a dévasté, sur près d’une cinquantaine de blocs, des hôtels, des grands magasins, l’hôtel de ville, l’opéra, des théâtres et des églises. Devant la nécessité de reconstruire rapidement son centre, la troisième plus grande ville des États-Unis est devenue un réel laboratoire en matière d’architecture.
«Il y avait déjà un processus d’expérimentation et un intérêt marqué pour l’architecture à Chicago, mais l’incendie a accéléré les choses et a transformé la ville en grand centre expérimental», explique John Russick, directeur de la conservation au Chicago History Museum.
Après l’incendie, les architectes engagés ont dû user d’imagination, puisqu’on a formellement interdit d’utiliser le bois dans les nouvelles constructions. Un mouvement architectural nommé «École de Chicago», explore alors la construction à ossature d’acier, puis l’utilisation du verre pour présenter des façades plates. On voit donc rapidement naître des bureaux, des grands magasins, des usines, des appartements et des gares faits avec des matériaux nouveaux. On considère que les bâtiments ainsi construits sont les premiers gratte-ciel modernes du pays.
«À Chicago, on a fait les choses différemment, croit John Russick. L’architecture ne ressemble ni à celle de l’Europe, ni à celle de l’Amérique : on s’est servi de diverses inspirations pour créer quelque chose d’unique.»
Puis, 20 ans plus tard, c’est l’exposition internationale de 1893 qui donne toutes ses lettres de noblesse à la ville de Chicago en matière d’architecture. L’événement a attiré 27 millions de visiteurs sur cinq mois, et la foire a assurément eu un effet novateur sur l’architecture de la ville.
Aujourd’hui, de récents gratte-ciel continuent à donner à la ville de nouveaux horizons. «Ce qui est beau, c’est qu’il y a désormais une tradition à Chicago en matière d’architecture : les gens ont des attentes, ce qui créé un désir d’innovation et pousse les architectes à se dépasser continuellement», observe le directeur de la conservation au Chicago History Museum.
De nos jours, autant les architectes qui s’y rendent pour étudier que les touristes qui désirent observer les bâtiments originaux sont nombreux à visiter Chicago à cause de son architecture. D’ailleurs, les tours guidés au sujet de l’architecture – à pied, à la course, en vélo, en autobus ou en bateau – font partie des activités les plus populaires auprès des touristes.
«Il y a un très grand pourcentage de bâtiments spéciaux à Chicago, croit John Russick. Ce n’est pas que chacun soit impressionnant, mais bien que plusieurs sont originaux, visionnaires ou témoignent d’une expérimentation. Ici, les visiteurs n’ont pas à chercher les bâtiments intéressants : ils sont partout où ils regardent!»
Architecture : Sept bâtiments à ne pas manquer
- Wrigley Building (1921)
- Tribune Tower (1925)
- Marina City Complex (1964)
- John Hancock Center (1969)
- Aon Center (1973)
- Willis Tower (1974)
- Trump Tower (1983)