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La Maison des Marins: on a manqué le bateau

Photo: Caroline Bergeron

Pauline Marois et son ministre de la Culture Maka Kotto étaient de passage mercredi dans la métropole pour l’inauguration de la Maison des Marins, un cinquième pavillon quelque peu banal pour le musée Pointe-à-Callière.

Ce n’est pas tous les jours qu’une ville s’offre un nouveau pavillon muséal. Lorsqu’une rare occasion se présente, une réflexion s’impose assurément pour concevoir le meilleur projet qui soit, peu importe le budget disponible et l’échéancier. Après tout, la création d’un musée constitue une occasion unique pour une collectivité d’affirmer son identité culturelle et sa créativité, autant dans le contenu exposé entre les murs que dans la forme du bâtiment lui-même.

En ce sens, le musée Pointe-à-Callière a assuré le coup dans les années 1990 avec l’érection de son pavillon principal baptisé L’Éperon. Sa structure massive de béton, plutôt inusitée avouons-le, s’inscrit dorénavant dans l’ADN de Montréal et est devenu un véritable symbole, voire une fierté, pour notre ville. Pourquoi? Parce que son  design unique a très bien vieilli et se démarque incontestablement du reste du paysage urbain. Pourtant, son architecte principal, Dan S. Hanganu, a dû essuyer de nombreuses critiques dès son inauguration, lui reprochant d’avoir défiguré le berceau de notre ville. Avec un peu de recul, on ne peut que saluer le génie de l’architecte.

Vingt ans plus tard, l’institution muséale s’offre un cinquième pavillon prenant place dans un bâtiment érigé dans les années 1950 à l’angle de la place d’Youville et de la place Royale. Nommé La Maison des Marins, ce nouvel espace permet au musée de tripler sa superficie consacrée aux expositions temporaires, ainsi qu’aux activités éducatives offertes aux 400 000 visiteurs annuels.

Renouant avec le même consortium d’architectes à l’origine du pavillon principal, on aurait pu espérer davantage d’avant-gardisme de leur part pour marquer une fois de plus le territoire montréalais. Malheureusement, malgré des investissements de 22,2 M$, il serait surprenant que cette nouvelle réalisation suscite autant de réactions.

Comprenons-nous bien ici. Sur le plan de la planification intérieure et du contenu culturel, les architectes ont pleinement su relever le défi, considérant notamment les difficultés techniques auxquelles ils ont dû faire face. Réhabiliter un bâtiment reste souvent bien plus complexe que de construire un édifice entièrement neuf. Néanmoins, l’enveloppe externe manque cruellement de personnalité pour un projet d’une telle envergure.

De l’extérieur, on ne sait aucunement si on a affaire aux bureaux d’une entreprise quelconque ou encore à un hôtel. Sa structure très simpliste ressemble à mille autres bâtiments de Montréal, alors que sa brique grise et fade se marie bizarrement avec le secteur historique. Sans oublier que les liens architecturaux unissant le plus ancien pavillon à La Maison des Marins sont plutôt limités. Difficile pour un passant de saisir que les deux bâtisses appartiennent à la même institution muséale.

Bref, si l’intention initiale était de ne pas voler la vedette à la partie principale du musée, on peut dire mission accomplie.

Lire aussi Le musée Pointe-à-Callière s’agrandit

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