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Karim Rashid: un designer qui ne fait pas dans la demi-teinte

Photo: Lee Gyeon Bae


On aime ou on déteste Karim Rashid. Sa signature (et sa personnalité) exubérante ne laisse personne indifférent, comme on a pu le constater lors de son récent passage à l’événement J’aime, de Kollectif et Index-Design.

Pour certains, le designer d’origine égyptienne est une légende vivante. Une grande inspiration. Pour d’autres, il s’agit plutôt d’un personnage excentrique au style futuriste un peu trop «bonbon». Mais peu importe l’opinion qu’on a de lui, Karim Rashid reste incontestablement l’un des créateurs les plus prolifiques de sa génération.

Il peut se vanter d’avoir déjà plus de 3 000 créations à son actif, de la conception de souliers jusqu’à la fabrication de montres, de bijoux, de meubles et même d’électroménagers. Son talent lui a permis de décrocher d’importants contrats à Toronto, Las Vegas, New York, Milan et Moscou… pour ne nommer que ces villes. Il cumule près de 300 prix en carrière, et ses œuvres figurent dans les collections permanentes de 20 musées dans le monde. Impressionnant comme feuille de route!

À l’écouter en conférence, on réalise que son succès repose évidemment sur sa persévérance dans son milieu professionnel si compétitif, mais probablement davantage sur sa vision parfois très radicale du design contemporain. «Trop d’entreprises revomissent les mêmes objets année après année, déplore-t-il. Il faut avancer et innover. Le plus gros problème actuellement dans notre monde, c’est la nostalgie. Elle va nous tuer.»

Et à observer son portfolio, on constate effectivement que Karim Rashid n’est pas un grand fan des décors vintage ou  rétro, si prisés dans le design intérieur et industriel ces dernières années. Ses projets aux coloris acidulés et aux formes organiques nous plongent davantage dans des décors de science-fiction à la Steven Spielberg que dans un épisode de Mad Men. Comme s’il tentait de définir l’image du futur.

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Autre grande inspiration de l’homme : l’univers de la musique. «J’ai eu un énorme respect pendant des années pour des stars comme David Bowie, confie-t-il. Sa musique et sa démarche artistique [excentrique] m’influencent énormément dans ce que je fais aujourd’hui. Beaucoup plus que d’autres designers ou architectes. J’aime ces gens polyvalents qui donnent l’impression d’avoir tout fait dans la vie.»

Sur ce point, difficile de ne pas croire Karim Rashid, qui donne lui-même l’impression d’avoir pratiquement tout fait, professionnellement parlant. Avec ses 120 projets en ce moment sur la table à dessin, que lui reste-t-il à explorer? «Concevoir des voitures électriques! s’exclame-t-il. Ce serait une occasion en or de redéfinir l’automobile. Il serait temps qu’on pense la voiture autrement.»

Je n’ose pas imaginer à quoi pourrait ressembler une automobile issue de l’imagination de cette star du design, mais j’ai la vague impression que nos paysages bétonnés seraient pas mal plus colorés avec des voitures signées Karim Rashid.

www.karimrashid.com

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