Les anciens détenus sont mal encadrés
La grande majorité des anciens détenus américains atteints du VIH/sida ne poursuivent pas leur traitement une fois qu’ils sont libérés, indique une étude américaine à laquelle ont participé des chercheurs du Centre universitaire de santé McGill (CUSM).
Les données recueillies par les scientifiques révèlent que trois prisonniers sur quatre ne suivent pas de façon continue la thérapie antirétrovirale (TAR) – traitement contre le VIH/sida – qu’ils avaient entamée en milieu carcéral. Or, les patients qui prennent leurs médicaments par intermittence ou qui laissent tomber leur TAR représentent un risque plus élevé pour la population.
Selon Julie Robert, coordonnatrice des communications du CUSM, la principale cause de ce phénomène n’est pas le coût de la thérapie. Elle précise qu’aux États-Unis, le traitement contre le VIH/sida est gratuit tant en prison qu’à l’extérieur. «C’est plutôt le mode de vie marginal
des anciens détenus qui est déterminant», indique-t-elle. Mme Robert ajoute que souvent, ces personnes proviennent de milieux défavorisés et souffrent de maladie mentale ou de toxicomanie.
Julie Robert croit également que le manque de suivi des services correctionnels joue un rôle important dans l’abandon des TAR. «Les gens qui sortent des prisons américaines manquent d’encadrement», résume-t-elle.
Situation similaire au Canada
Selon Benoit Trottier, médecin à la clinique l’Actuel, qui se spécialise dans le domaine de la santé sexuelle, la situation au Canada est similaire à celle des États-Unis. «Les patients qui sont incarcérés […] ont droit à un excellent suivi, parfois même meilleur que celui auquel monsieur ou madame Tout-le-Monde a droit», affirme-t-il.
M. Trottier dit d’ailleurs que l’accessibilité plus restreinte des soins en dehors de la prison est une des raisons qui expliquent l’abandon du traitement par plusieurs.