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La gratuité pour les couples infertiles

Québec est devenu hier le premier gouvernement d’Amérique du Nord à offrir gratuitement des traitements de procréation assistée aux couples infertiles. Dès le 5 août, tous les frais relatifs aux activités médicales et aux médicaments liés à l’insémination artificielle seront couverts par le gouvernement. Les couples qui feront appel à la fécondation in vitro auront droit à trois cycles de fécondation. Ceux qui opteront pour les cycles naturels ou naturels modifiés auront droit à six cycles.

Au terme de l’implantation du programme québécois, en 2014-2015, quelque 7 000 cycles devraient être effectués annuellement, ce qui devrait représenter des coûts de 63 M$. Pour l’heure, seul le Centre universitaire de santé McGill (CUSM), par l’entremise de l’hôpital Royal-Victoria, offrira les traitements dans le réseau public. Au départ, environ 50 % des services y seront offerts.

Les 50 % restants seront assurés par des cliniques privées. L’annonce du ministre de la Santé, Yves Bolduc, n’a pas tardé à susciter des réactions chez les médecins. L’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux a été la première à critiquer l’empressement du ministre Bolduc à lancer un programme de gratuité pour les traitements de procréation assistée alors que le secteur public n’est pas en mesure de répondre à la demande.

«Le gouvernement utilise des fonds publics pour ouvrir des marchés lucratifs au secteur privé», a analysé l’Alliance. La Fédération des médecins spécialistes du Québec a aussi estimé que le réseau public n’a pas la capacité de répondre à la demande. Son président, Gaétan Barrette, a prévenu Québec que son programme n’était «pas prêt à être mis de l’avant».

L’Association des obstétriciens et gynécologues du Québec, de son côté, a rappelé que la province souffrait déjà d’un manque de gynécologues et que le programme impliquera «énormément de ressources financières et professionnelles».

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