Les salons de bronzage bientôt interdits aux moins de 18 ans?
La Société canadienne du cancer (SCC) demande, dès ce printemps, l’adoption d’une loi
interdisant aux mineurs d’utiliser les services des salons de bronzage.
La SCC a déposé, lundi, un mémoire en ce sens devant la Commission de la santé et des services sociaux, qui étudie la problématique. L’organisme a en main une pétition de 60 000 signatures, ainsi que l’appui de 65 groupes représentant 500 organismes.
«Depuis 2009, l’Organisation mondiale de la santé a statué que [le recours aux] salons de bronzage est cancérigène, au même titre que la tabac et l’amiante. Et pourtant l’industrie n’est pas encadrée. N’importe qui peut offrir ce service, on en a retrouvé dans des dépanneurs et des clubs vidéos», déplore André Beaulieu, porte-parole de la SCC.
Comment l’usage des appareils de bronzage peuvent-ils mener au cancer? «Les UV artificiels sont 15 fois plus forts que le soleil, pourtant les utilisateurs ne mettent pas de crème. On a tous un capital UV différent. Quand celui-ci est atteint, cela occasionne un dérèglement cellulaire qui peut mener au cancer», indique M. Beaulieu.
Environ 250 000 jeunes de 16 à 29 ans fréquenteraient les salons de bronzage en moyenne 11 fois par an. «On est contre les techniques de marketing de l’industrie. [Cette dernière] laisse notamment entendre que ça prévient le cancer et achète de la publicité dans les agendas scolaires», clame M. Beaulieu. La SCC clame au contraire que cela augmente de 75% les risques de mélanome (cancer de la peau) : «Il y a 20 ans, on ne voyait pas de mélanome chez les jeunes.»
La SCC recommande donc l’application d’une taxe de 10% pour l’achat de services de bronzage. Cela permettrait de financer un service d’inspecteurs qui surveilleraient la conformité des salons de bronzage et l’éventuel respect de l’interdiction du service aux mineurs. Elle demande en outre que, comme pour les paquets de cigarettes, des messages de mise en garde soient affichés sur les appareils de bronzage.
La Commission devrait remettre son rapport ce printemps et un éventuel projet de loi pourrait être déposé ensuite. Il rencontrera toutefois l’opposition de l’Association des salons de bronzage. Sur son site web, l’association précise que, «si on n’abuse pas des rayons ultraviolets, l’irritation n’est ni intense, ni permanente. Ce n’est donc pas suffisant pour causer le cancer». L’association recommande toutefois de refuser les clients de moins de 16 ans ou ceux ayant déjà été atteints d’un cancer.