Désodorisants intérieurs: la prudence est de mise
Plus de 60 % des Canadiens ont recours aux désodorisants intérieurs pour camoufler les émanations provenant de la litière de minou et des espadrilles de fiston, a révélé une étude de CBC News l’an dernier. Ces produits ne feraient pas que diffuser une douce odeur de brise printanière. Ils libéreraient aussi des substances chimiques potentiellement nocives pour la santé.
Bien que les scientifiques commencent à peine à étudier la composition des parfums d’ambiance, certaines études américaines et européennes invitent à la prudence. En 2004, l’UFC-Que Choisir, une association française de défense des consommateurs, a analysé 35 de ces produits, dont environ les deux tiers émettaient des substances allergènes, cancérigènes ou perturbatrices du système endocrinien.
Chez nos voisins du Sud, le Natural Resources Defense Council (NRDC), une organisation engagée dans la protection de l’environnement, a détecté la présence de phtalates dans 12 parfums d’ambiance sur un échantillon de 14 produits. D’autres études scientifiques ont associé les phtalates avec des cancers et des problèmes de fertilité.
Réactions
Les conclusions de ces études ont été vivement critiquées par les fabricants de parfums d’ambiance qui se partagent un marché de 200 millions de dollars au Canada seulement. Les méthodes de recherches employées ne seraient pas assez rigoureuses, selon eux.
«Nous trouvons très décevant d’être ainsi montrés du doigt, peut-on lire dans un communiqué de SC Johnson, propriétaire des marques Glade et Oust, en réaction à l’étude du NRDC. En fait, SC Johnson est une société exemplaire et responsable en matière de composition chimique de ses produits»
Le Dr Gaston Ostiguy, pneumologue à l’Institut Thoracique de Montréal, rappelle, quant à lui, que les produits parfumés peuvent incommoder les personnes qui souffrent de maladies respiratoires. «Je n’ai cependant pas d’inquiétudes pour les individus en santé, affirme le pneumologue. En 50 ans de pratique, je n’ai pas vu de patient développer une maladie respiratoire parce qu’il a été exposé aux dé-sodorisants intérieurs.»
Mieux vaut prévenir que guérir, croit toutefois Kurt Houghton, coordonnateur de magasin à la Coop la Maison verte. «Lorsqu’un produit diffuse une odeur qui ne se trouve pas dans la nature, la probabilité qu’il contienne des produits chimiques est plus élevée, explique M. Houghton. Il est préférable de choisir un produit naturel ou encore de ne pas acheter de parfum d’ambiance si l’on n’en a pas besoin.»