Quand le cancer devient une histoire de famille
Femme active, début trentaine, pharmacienne, et combattant un cancer du sein. Portrait de Maryse Peterlini, pour qui la découverte d’une bosse dans l’un de ses seins ne fut pas une surprise.
«Dans notre famille, nous vivons avec le cancer depuis très longtemps», explique calmement Maryse Peterlini, une tasse de chocolat chaud entre les mains, racontant avoir perdu son père à cause du cancer il y a quelques années, avoir vu sa mère combattre deux cancers du sein et sa sÅ“ur en mourir. La femme de 32 ans s’attendait donc à devoir affronter la maladie à son tour un de ces jours… mais pas aussi tôt.
Depuis quelques années déjà, Maryse était suivie de très près en raison de son historique familial. Elle passait au moins un ou deux tests de dépistage par année et faisait mensuellement son auto-examen des seins. Rien d’anormal à signaler, jusqu’à ce qu’elle découvre, en novembre dernier, une masse dans son sein droit. Sa dernière mammographie, deux mois plus tôt, n’avait pourtant rien révélé.
Une échographie et une biopsie plus tard, la jeune femme apprenait qu’elle avait bel et bien un cancer du sein.
«Pour moi, ce ne fut pas un choc d’apprendre que j’avais le cancer, mais ce fut plus difficile d’apprendre que je devrais avoir de la chimiothérapie», se souvient celle qui vient de terminer sa première série de traitements. Mais Maryse se fait toutefois rassurante : «C’est un mauvais moment à passer, mais c’est moins pire que ce à quoi je m’attendais, et ça vaut la peine de le faire… c’est pour vivre. »
Un auto-examen qui sauve la vie
La pharmacienne explique que c’est grâce à l’auto-examen qu’elle a pu découvrir son cancer à temps. «C’est ce qui m’a sauvé la vie», affirme-t-elle en pensant à sa sÅ“ur dont le cancer a été découvert beaucoup trop tard.
«Il faut que les femmes comprennent l’importance de faire leur auto-examen régulièrement, insiste-t-elle. C’est simple, sans douleur, ça ne prend que quelques minutes par mois, mais ça peut faire une très grosse différence dans une vie. »
Et Maryse ne veut surtout pas que les gens retiennent de son histoire que la mammographie est inutile. «Mon cancer n’a pas été détecté par la mammographie, car il était trop petit pour être vu à ce moment. C’est parce qu’il était très agressif et se développait très vite que je l’ai découvert un mois plus tard par moi-même. Les deux examens sont complémentaires, il ne faut pas en négliger un.»
Prochaine étape
Maintenant que ces premiers traitements sont terminés, Maryse se fera opérer en octobre pour l’ablation complète des deux seins. Les risques étant grands que son cancer soit d’origine génétique, Maryse aurait de 60 à 80 % de chances de récidive si elle gardait ses seins. Avec l’ablation, le risque de rechute tombe à 6 à 8 %.
«La décision n’a pas été trop difficile à prendre, affirme-t-elle. Des seins, ce ne sont pas des organes essentiels, et je préfère vivre sans eux que de vivre avec une épée de Damoclès au dessus de la tête.»
Même si elle sait que sa bataille n’est pas finie, Maryse garde le sourire aux lèvres. «Je réponds bien aux traitements et je n’ai que de bonnes nouvelles depuis le début», se réjouit-elle. La jeune femme s’applique donc à vivre une journée à la fois et à profiter de tous les petits bonheurs, comme savourer sa tasse de chocolat…
Les risques d’infertilité
La chimiothérapie peut rendre certaines personnes infertiles temporairement ou quelquefois de façon permanente.
«C’est une chose à laquelle on ne pense pas, mais on nous en parle avant que les traitements commencent. On doit donc réfléchir rapidement à la question des enfants», raconte Maryse Peterlini, qui pour sa part, veut des enfants dans quelques années avec son mari. On vous offre alors la possibilité de prélever vos ovules avant le début des traitements à des fins de fertilisation in vitro ultérieurement, si nécessaire.
D’autres techniques existent afin de préserver le tissu ovarien. Et, bonne nouvelle, aucune étude n’a montré que tomber enceinte après un traitement de chimiothérapie augmentait les risques de fausse couche ou de complications pour le bébé.