Mois de la nutrition: Le Québec dans votre assiette
Pendant tout le mois de mars, les diététistes du Canada invitent les gens à acheter et à manger des produits locaux, sous le thème Célébrons nos aliments de la terre à la table. Pour en connaître plus sur le régime «localvore», Métro s’est entretenu avec la porte-parole des diététistes du Canada, Linda Montpetit.
Peut-on manger local à l’année sans en être réduit à se nourrir que des navets et de pommes de terre?
Oui. Une bonne variété d’autres légumes frais sont disponibles à l’année, notamment les oignons, les carottes, le panais, les champignons. Il y a aussi des légumes de serre, comme les tomates, les concombres et certaines laitues. Et finalement, les fruits et légumes surgelés sont très intéressants parce qu’ils sont cueillis au maximum de leur maturité et surgelés immédiatement, donc ils ne perdent pas leur valeur nutritive.
Les légumes qui sont stockés tout l’hiver dans des entrepôts ne perdent-ils pas la leur?
Les légumes racines ont une valeur nutritive assez stable, contrairement au brocoli, par exemple, qui perdra la sienne avec le temps et le transport. Ils sont aussi conservés dans des conditions contrôlées, donc ils devraient encore offrir une belle valeur nutritive à la fin de l’hiver.
Même en saison, il est relativement difficile de trouver des produits locaux sur les tablettes des supermarchés. Comment fait-on pour manger local si on n’a pas accès aux produits?
Il est important de bien regarder les petites affiches au-dessus du prix pour voir la provenance des produits. Si nous ne trouvons pas de produits du Québec, c’est à nous de le dire à notre marchand. Il faut demander, et s’il n’en a pas, le chicaner! C’est nous qui avons le dernier mot comme consommateurs.
Outre les fruits et les légumes, vers quoi devrions-nous nous tourner pour être plus «localvore»?
Nous sommes de très grands producteurs de viande au pays. Donc, tous les produits de boucherie peuvent être produits ici. C’est le cas du poulet, du porc, du veau… Il faut les demander à notre boucher. Ailleurs en épicerie, il est possible de faire des choix plus locaux. Par exemple, on sert souvent du riz en accompagnement. Mais on oublie que beaucoup de céréales sont cultivées au Canada, comme l’orge ou le blé. On peut parfois remplacer le riz par du blé concassé ou du boulgour, qui se cuit à peu près comme du riz et qui pousse ici. On peut donc manger plus local de toutes sortes de façons.
Est-ce à dire qu’il faut se priver de manger des oranges ou des dattes parce qu’elles ne sont pas cultivées ici?
Je ne crois pas qu’il faille se priver de manger une bonne orange juteuse. Seulement, il faudrait faire un effort pour consommer aussi les produits d’ici. Par exemple, quand on achète des pommes, on peut vérifier d’où elles viennent et privilégier celles qui sont cultivées ici et donc disponibles toute l’année.