Soutenez

Lance Armstrong: «Aucune des étapes les plus difficiles du Tour de France ne se compare au cancer»

Elisabeth Braw - Metro World News

Aucun athlète ne domine son sport comme Lance Armstrong. Toute­fois, en 1996, la carrière du champion mondial de cyclisme de 25 ans s’est presque terminée lorsqu’on lui diagnostiqua un cancer des testicules de type 3. Pire encore, le cancer s’est ensuite répandu à son abdomen, à ses poumons jusqu’à son cerveau.

Armstrong a cepen­dant survécu et a gagné sept Tours de France consécutifs, un record inégalé. Après s’être retiré de la com­pétition et y être reve­nu, Armstrong gère aujour­d’hui la Fondation Arms­trong, qui soutient les victimes et les survivants du cancer dans le monde. L’athlète-vedette – il a fréquenté la chanteuse Sheryl Crow et l’actrice Kate Hudson – est aussi un grand utilisateur de Twitter : 2,5 millions de personnes le suivent.

Vous êtes présentement en rémission. Comment cela se reflète sur votre quotidien?
Je comprends mieux ma vie et je la vois d’une façon complètement différente. Le cancer m’a permis de contribuer à la vie de ma communauté et, maintenant, du reste du monde comme je ne l’aurais jamais imaginé. J’ai été un athlète de haut niveau presque toute ma vie et je suis certain que j’aurais continué ma carrière professionnelle en cyclisme avec succès malgré tout.

Mais le cancer a mis en perspective la douleur et la peur, des sentiments qui faisaient pourtant partie de tous les Tours de France. Aucune des étapes en montagne les plus difficiles du Tour de France ne se compare au cancer. La maladie m’a permis de focaliser et m’a donné une raison de vivre.

Prenez-vous des médicaments ou suivez-vous des traitements contre le cancer présentement?
Non.

Les femmes parlent ouvertement du cancer du sein, mais les hommes semblent trouver très difficile de s’exprimer sur le cancer des testicules. Étiez-vous mal à l’aise d’en parler?
Oui. À 25 ans, j’avais déjà gagné le Championnat du monde, le Tour Du Pont et de nombreuses étapes du Tour de France. Puis, on m’a appris que j’avais le cancer. Comme la plupart des jeunes hommes en santé, j’ai ignoré les signes avant-coureurs et je ne pouvais imaginer la gravité de mon état. Comme je n’avais reçu aucun traitement, le cancer s’était propagé à mon abdomen, à mes poumons et puis à mon cerveau.

D’emblée, mon tempérament compétitif a pris le dessus. J’ai alors décidé d’être un survivant du cancer et non une victime. Quand je me faisais traiter, j’ai compris la magnitude de cette maladie. À cette époque, il y avait plus de huit millions de personnes qui souffraient du cancer. J’étais si en colère que j’ai décidé de combattre le cancer, pas juste le mien, mais cette maladie en général.

Vos bracelets jaunes Lives­trong sont partout. Quelle est la prochaine étape de votre combat contre le cancer?

En 2009, nous avons lancé la campagne LIVESTRONG Global Cancer, qui mène un combat contre le cancer à l’échelle mondiale et qui soutient les 28 millions de personnes souffrant du cancer aujour­d’hui. Ce mal fauche annuellement huit millions de vies et est sur le point de devenir la principale cause de décès dans le monde cette année. Si on n’agit pas à l’échelle planétaire, ces chiffres pourraient tripler d’ici 2030. Chacun de nous doit agir. LIVESTRONG est en train de préparer une série d’actions à l’échelle planétaire pour combattre le cancer.

Quand vivrons-nous dans un monde où le cancer ne sera plus considéré comme une condamnation à mort presque certaine?
Aujourd’hui. Le cancer est l’une des maladies mortelles qui peut être le plus facilement prévenue et traitée. Un tiers des cancers peuvent être prévenus ou guéris si on les détecte tôt et qu’on reçoit les traitements appropriés.

Malheureusement, des études démontrent qu’une grande partie des 12 millions de personnes à travers le monde qui auront le cancer cette année cacheront leur diagnostic, seront isolés de leurs communautés et confronteront seuls le dur combat contre la maladie. De considérer le cancer comme une maladie honteuse mène à une détection précoce de la maladie insuffisante, à la faillite de se faire traiter et donc, à l’augmentation de la mortalité due au cancer. Je suis la preuve vivante que de se faire diagnostiqué avec un cancer n’est pas une condamnation à mort. Il est impératif de faire cesser cette idée que le cancer est une maladie honteuse.

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.