Soutenez

Les guerres de papier de toilette

Jean a l’une de ces obsessions irrationnelles : il estime que les rouleaux de papier hygiénique doivent se dérouler par le dessus plutôt que par le dessous. Son coloc, Luc, aime lui jouer des tours, et il remet le rouleau à l’envers chaque fois qu’il va aux toilettes. Un jour, vous lirez peut-être un entrefilet sur Jean et Luc.

L’article portera sans doute sur la découverte d’un cadavre baignant dans une mare de sang. Sur les lieux du crime, Jean se fera embarquer, menottes aux poings, marmonnant entre ses dents que Luc l’avait bien cherché.

Cette histoire fictive, à l’exception de sa fin tragique, nous l’avons presque tous vécue. Lorsque deux personnes cohabitent, elles se heurtent inévitablement aux petites obsessions de l’autre: la bouteille de ketchup doit-elle être conservée à l’envers dans le frigo? La voiture devrait-elle être garée à reculons dans l’allée? Devrait-on «zapper» dès les premières images d’une pub? Le siège des toilettes doit-il rester relevé?

Moi aussi, je suis contrarié lorsque le papier hygiénique se déroule par le dessous. Mais j’essaie de ne pas en faire tout un plat. Enfin, de façon générale. Le problème, avec les obsessions, ce n’est pas leur existence, mais notre insistance à les voir respctées. Il n’y a rien de répréhensible à avoir des normes, mais l’application extrême de celles-ci peut mal tourner.

Le problème en est un d’attitude mentale. Lorsque nous croyons qu’il y a un problème, nous voulons naturellement le régler. Si la solution paraît simple et évidente, du moins à nos yeux, elle devrait être facile à appliquer. Nous nous attendons donc à ce que la bonne chose soit faite et, lorsque ce n’est pas le cas, notre frustration augmente.

Si nous sommes convaincus que les choses doivent être faites de la «bonne» façon, quelque chose devra changer. Ou bien les autres devront faire les choses à notre manière, ou bien nous devrons laisser tomber certaines de nos obsessions. Prendre du recul par rapport à nos automatismes nous aidera beaucoup à changer cet état d’esprit : personne, sil fait preuve de logique, ne pensera que la disposition du papier hygiénique a beaucoup d’importance.

Malheureusement, il y a des gens qui préfèrent changer de coloc plutôt que de modifier leur attitude mentale. Parlez-en à Jean.

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.