Pourquoi devrais-je étudier?
L’heure de la rentrée a sonné. Paradis des détaillants, cette période de l’année est le cauchemar de plusieurs enfants. Apprendre n’est pourtant pas une si mauvaise chose. Il faut bien occuper nos journées! Nous ne pouvons pas passer le reste de notre vie à faire rebondir des balles contre la porte du garage… En matière d’éducation, je crois que la plupart d’entre nous traversent trois phases.
Phase I : «Le professeur m’a dit de le faire.»
Les jeunes enfants remettent rarement leur monde en question. Ils vont à l’école et font leurs devoirs simplement parce que leurs parents et leurs professeurs leur ont dit de le faire. Même s’ils comprennent, à l’occasion, la nécessité d’additionner et de soustraire -lorsqu’ils achètent un sac de bonbons, par exemple-,les enfants font habituellement leurs devoirs parce qu’ils n’ont pas le choix. «Sinon, je vais me faire chicaner.»
Phase II : «À quoi ça sert d’apprendre ça?»
Puis, les élèves commencent à protester contre la routine et l’ennui de faire des choses simplement parce qu’on le leur a demandé. Ils contestent l’autorité et, n’ayant pas l’expérience de la vie qui leur permettrait de comprendre l’importance de certaines choses, ils doutent de la nécessité d’étudier. «Je n’aurai jamais besoin de cette stupide équation quadratique et je me fous de la Mésopotamie.» Ils ne veulent plus étudier pour leurs professeurs ou pour leurs parents, mais ils ne veulent pas étudier pour eux-mêmes non plus.
Phase III : «Je veux apprendre.»
Enfin, les jeunes commencent à envisager leur avenir. Plusieurs se trouvent un emploi d’été : ils servent de la crème glacée ou empilent des boîtes dans un entrepôt. Ils se demandent ce qu’ils vont faire dans la vie. C’est alors qu’ils retrouvent la motivation pour l’étude. «Qu’est-ce que tu m’avais dit, déjà, à propos de l’équation quadratique?» Ceux qui apprennent pour eux-mêmes et pour leur propre avenir n’ont pas besoin de se faire dire d’étudier : ils ont déjà envie de le faire.
La transition entre les phases diffère d’une personne à l’autre. Certaines passent rapidement de la phase I à la phase III, sautant parfois la phase II. D’autres peuvent prendre quelques années pour se rendre à la phase III. Malheureusement, quelques-unes ne quittent jamais la phase II. Ce sont celles qui ne pigent jamais tout à fait. Bien sûr, je ne parle pas uniquement de l’éducation formelle. Pour ceux qui ont pigé, le désir d’apprendre et de comprendre ne s’éteint qu’avec leur dernier souffle.