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Un gratteux, avec ça?

Si on place un cobaye dans une cage munie d’une barre et qu’on lui donne une boulette de nourriture chaque fois qu’il appuie sur la barre, il fera rapidement le lien et appuiera quand il aura faim. Si on cesse de lui donner de la nourriture, il ne mettra pas beaucoup de temps à se rendre compte que le truc ne fonctionne plus et il délaissera la barre.

Supposons maintenant qu’au lieu de nourrir le rat chaque fois qu’il appuie sur la barre, on le fasse seulement de temps à autre. À certains moments, il n’aura qu’à appuyer une fois ou deux sur la barre, et dans d’autres cas, il devra appuyer jusqu’à dix ou vingt fois. Qu’arrivera-t-il si on arrête de le nourrir complètement? Il continuera à appuyer sur la barre pendant très longtemps avant d’abandonner. C’est ce qui se produit lorsqu’on récompense les rats au hasard. Ils résistent davantage au changement.

Observons maintenant les humains et leur réaction aux récompenses. Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi ceux qui gèrent des loteries donnent de petits prix, comme 10 $? Les gens jouent à la loterie pour devenir millionnaires. Les avions privés et les villas sur mer coûtent cher. On ne va pas loin avec 10 $!

Ces petits prix n’ont qu’un seul but : ce sont les boulettes de nourriture occasionnelles qui nous font continuer à appuyer sur la barre. Ceux qui administrent des loteries ou des machines à sous savent que sans la récompense occasionnelle, les grands prix seront trop rares pour que les gens continuent à jouer.

Bien sûr, ce principe s’étend au-delà des jeux de hasard. Toute habitude qui apporte une récompense de temps à autre est beaucoup plus difficile à rompre qu’une habitude qui n’apporte jamais rien. Cela s’applique même au pilier de bar : si sa recette pathétique pour draguer lui permet de faire une conquête de temps à autre, il n’est pas près de la changer.

Alors, quelle est la différence entre un cobaye et un humain? On croirait que les humains, avec leur capacité de raisonnement développée, sont beaucoup trop intelligents pour se laisser avoir par ces simples succès occasionnels. Nos cerveaux évolués devraient nous aider à apprendre de nos erreurs et à nous débarrasser de nos mauvaises habitudes, non? Malheureusement, nous ne sommes pas si différents des rats.

Comme pour tous les animaux, les liens émotifs que nous établissons avec les choses qui nous récompensent occasionnellement nous empêchent d’abandonner celles qui ne fonctionnent pas très bien ou qui ont cessé de fonctionner complètement.

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