Cours au premier but, Tom!
J’ai adoré entraîner des bambins au baseball. Ceux de cinq ans étaient particulièrement drôles. Je me rappelle la fois où j’ai posé une main rassurante sur l’épaule d’un petit garçon et lui ai dit : «Bon, quand tu frappes la balle, ne cours pas après elle. Tu dois courir jusqu’au premier but, là-bas», en pointant le premier coussin du doigt. «Montre-moi où tu vas courir après avoir frappé la balle», lui ai-je demandé. Et le petit Tom m’a timidement indiqué le premier but. «Parfait, ai-je dit. Maintenant, fais de ton mieux!»
Bien sûr, comme tous les nouveaux joueurs, Tom a frappé la balle et a couru après elle. J’ai alors arrêté le jeu et je me suis rendu au milieu du champ intérieur. J’ai placé ma main sur l’épaule de Tom et lui ai dit : «C’était bien, mais te rappelles-tu où je t’ai dit de courir? Au premier but.» Tom s’est mis à pleurer.
Peu importe la gentillesse dont les autres entraîneurs ou moi faisions preuve, les enfants de cet âge réagissaient tous fortement lorsqu’on leur mettait sous le nez des fautes mineures. es petits enfants sont comme ça. Ils sont extrêmement sensibles à la critique. Mais qu’en est-il des adultes qui sont facilement blessés?
Un adulte sensible
Dernièrement, deux associées avaient une employée qui désirait quitter son poste. Les associées la considéraient comme une employée modèle qui faisait le travail de trois personnes. Elle voulait partir parce que l’une des associées lui avait signalé une petite erreur dans une commande. Elle s’était fait dire que l’erreur était importante et ne devait pas se répéter.
L’associée a fait ce qu’elle croyait normal en signalant une erreur et en prenant des mesures correctives. Cependant, l’employée avait l’impression que son travail n’était pas apprécié et qu’on l’accusait d’incompétence. C’était loin de la pensée de l’employeur, mais c’est cela que l’employée croyait.
J’ai conté l’histoire de Tom à l’associée, parce que lorsqu’on livre un message, il faut tenir compte du destinataire. Même quand cela nous semble simple et clair, le message peut se perdre, une fois filtré par les insécurités de la personne qui le reçoit.
Les excellents employés sont précieux parce qu’ils se remettent constamment en question et s’efforcent de plaire. Ironiquement, malgré leur valeur intrinsèque, ils se considèrent souvent comme peu compétents. Néanmoins, un bon employé hypersensible est beaucoup plus précieux qu’un mauvais employé plein d’assurance. Souvenez-vous-en lorsque vous voudrez formuler une critique «constructive». Il n’est peut-être pas toujours nécessaire de signaler la moindre petite imperfection…