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Le biscuit chinois et la mort

Comment réagiriez-vous s’il existait un biscuit chinois annonçant la date de votre mort? Imaginez que nous recevions chacun un tel biscuit. Oserions-nous même l’ouvrir et, si oui, que ferions-nous de l’information qu’il recèle?

Si le biscuit révélait une date très lointaine, changerions-nous quoi que ce soit à notre vie? Songerions-nous à embrasser une nouvelle carrière? Deviendrions-nous plus actifs pour jouir d’une meilleure santé? Nous lancerions-nous dans diverses aventures, ou nous contenterions-nous du statu quo?

Et si le biscuit prédisait qu’il nous reste quatre ans à vivre? Choisirions-nous de réaliser les projets qui nous tiennent le plus à cœur? Réglerions-nous nos conflits avec nos êtres chers? Est-ce que quelque chose changerait? Probablement. Et si la prédiction était que nous allons mourir dans quatre semaines?

J’ai posé cette question à bien des gens tout au long de ma carrière. Tous m’ont répondu plus ou moins la même chose. Ils vivraient pleinement ces dernières semaines : ils iraient voir les gens qu’ils aiment, voyageraient, feraient des choses mémorables. Très peu ont dit qu’ils consacreraient leur temps à épousseter ou à tondre le gazon. Ce n’est pas qu’on doive négliger ces tâches banales, mais dans le grand ordre des choses, ces détails sont secondaires.

Supposons maintenant que le bout de papier contenu dans le biscuit soit vierge. Nous continuerions donc d’ignorer le moment exact de notre mort. Est-ce que cela changerait vraiment quelque chose? Nous pouvons craindre l’inéluctabilité de la mort ou considérer notre caractère mortel comme une occasion de réexaminer nos priorités et de trouver un équilibre entre nos objectifs à court et à long terme.

Vivre pleinement sa vie, c’est bien beau, mais très peu d’entre nous s’arrêtent pour réfléchir à la façon d’y parvenir. Envisager sa propre mort, voilà qui fait peur à bien des gens, mais même ceux qui ont une peur panique de mourir opteraient pour une vie plus riche s’ils connaissaient la date de leur rencontre avec la grande faucheuse. Ils iraient davantage au-devant des gens, ils s’adonneraient à leurs passions plutôt que de se contenter d’en parler et ils observeraient la nature sous un jour nouveau.

De temps à autre, il importe de nous rappeler que même si nous ne connaissons pas la date de notre mort, nous pouvons vivre pleinement notre vie.

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