Un espoir pour les victimes de stress post-traumatique
Qui eût cru qu’un simple médicament pour traiter l’hypertension artérielle, l’Inderal (molécule de propanolol), puisse aider les victimes du syndrome de stress post-traumatique (SSPT)?
C’est pourtant ce que les travaux du Dr Alain Brunet, professeur à l’Université McGill et chercheur à l’Hôpital Douglas, sont en train de démontrer. Pour la deuxième phase de son projet de recherche, il a retenu 70 personnes ayant vécu anciennement des traumatismes. On y trouve notamment d’anciens militaires, des adultes abusés sexuellement dans leur enfance ou des victimes de violence et d’accidents.
Le SSPT est un désordre lié à un souvenir très douloureux. En atténuant grâce au médicament la force de ce souvenir, on obtient en six semaines une amélioration de l’ordre de 50%, selon le chercheur. «C’est énorme, car on n’obtiendrait le même résultat qu’après plusieurs mois de psychothérapie ou de traitement à base d’antidépresseurs», ajoute-t-il.
Il précise qu’après le traitement, 70% des patients étudiés ne présentaient plus suffisamment de symptômes pour être considérés comme étant en état de stress post-traumatique. Bonne nouvelle, le brevet de fabrication de la molécule de propanolol est désormais tombé dans le domaine public. Un médicament peut donc être fabriqué de façon générique et ne coûter pratiquement rien.
Les travaux du Dr Brunet ont récemment été mentionnés dans un reportage de la chaîne de télévision franco-allemande, Arte, intitulé «En finir avec la peur». Le reportage souligne toutefois que ce genre de recherches pose une question d’éthique: «Jusqu’où est-il bon de manipuler la mémoire et de dépouiller l’homme de ses souvenirs, si accablants soient-ils?»
«Aucun de mes patients ne s’est plaint d’une telle chose, répond Alain Brunet. L’oubli est une partie importante du fonctionnement de notre mémoire. Et les souvenirs ne sont pas oubliés, mais simplement moins douloureux.»
www.info-trauma.org