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De vieilles nouvelles

Dans le journal, je suis tombé sur un entrefilet titré «Un attentat fait 28 morts dans une mosquée de Bagdad». Apparemment, ce genre de nouvelles, pourtant si fréquentes, ne méritent plus une vaste couverture médiatique.

Dix années se sont écoulées depuis cette journée fatidique qu’ont connue New York et le monde entier. L’humain est un Homo sapiens (homme sage), mais quelle perversion de cette sagesse peut conduire un homme à faire s’écraser un avion sur une tour, sachant qu’il se tuera, de même que des milliers d’autres, tout en croyant faire quelque chose de bien?

La nature de la bête humaine

La nature humaine est complexe, mais tous ses aspects ont évolué dans un seul but : la survie. Aussi, un solide instinct de défense est une composante essentielle de cette nature. Cela nous protège des menaces et nous amène à nous regrouper, en nous méfiant des étrangers.

Après tout, des tribus rivales pourraient tenter de nous tuer pour s’emparer de notre nourriture. Et, comme la meilleure défense est l’attaque, l’agression constitue un aspect naturel de cet instinct de protection.

Cet instinct de conservation est couplé du désir d’une vie éternelle. La croyance en une félicité éternelle rend plus tolérable la lutte quotidienne pour la survie. Cela oriente bien des gens vers des systèmes de croyances qui garantissent cette issue. On inculque aux gens l’idée que s’ils suivent une certaine voie morale, tout finira bien.

Malheureusement, cette voie peut être dénaturée lorsque des systèmes de croyances s’affrontent. Si on croit que son système de croyances est moral, alors tout ce qui est fait en son nom sera moral. Se défendre au nom d’un chef spirituel est alors bien et justifié. Plus on a la conviction que nos croyances sont morales, plus les croyances opposées semblent immorales. 

La mentalité de groupe, qui protège contre les menaces collectives, alimente aussi les conflits entre groupes rivaux. Lorsqu’un conflit entre deux personnes provoque assez de colère pour inciter à tuer, une personne en meurt.

Lorsqu’un conflit naît entre deux groupes, des milliers de personnes meurent.

La tendance humaine de penser en tant que groupe finit inévitablement par mal tourner. Les guerres ne sont que l’exemple extrême de ce qu’on peut voir quotidiennement dans les stades, les arénas et les cours d’école.

La meilleure façon de commémorer les événements du 11 septembre 2001 n’est pas seulement de rendre hommage aux victimes, mais aussi de remettre en question, en chacun de nous, le germe de conflits entre groupes.

Le respect de la personne, quels que soient sa langue, sa couleur, son drapeau ou ses croyances, est la seule manière d’empêcher le côté sombre de l’être humain de prendre le dessus.

Le Dr Zacchia en direct
Camillo Zacchia, qui animera la
sixième saison de l’École Mini Psy de l’Institut Douglas
dès le 11
octobre, se prêtera à une séance de clavardage mardi de 12 h à 12 h 30
pour discuter émotions et santé mentale.

Cliquez ici pour la séance de clavardage.

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