L'architecture vue par trois jeunes architectes
S’il est difficile de passer à côté de l’architecture d’une ville, les architectes, eux, travaillent souvent dans l’ombre de leurs projets. Métro donne la parole à trois jeunes architectes prometteurs d’ici et d’ailleurs, qui parlent de leurs inspirations et de leur vision.
- Toby Manaças
26 ans. Diplômé de l’Université de Montréal et récipiendaire de la Médaille étudiante 2010 d’Architecture Canada. Travaille à Montréal tout en étudiant pour les examens de l’Ordre des architectes.
D’où vous est venue l’envie de devenir architecte?
Mon grand-père était architecte. Sans dire que j’ai toujours voulu faire ça, je crois simplement que l’architecture a toujours été présente dans ma vie.
Quel est le type de projets auxquels vous aimeriez travailler?
J’ai un intérêt particulier pour le fait de repenser l’architecture d’un lieu, pour le côté urbanistique d’une ville, parce que cet aspect me paraît fondamental pour la société qui y vit.
Quelle est votre vision de l’avenir de l’architecture?
L’architecture sera toujours tributaire de nos objectifs de développement social et de notre gestion des ressources et de l’espace. Je crois que c’est pour cette raison que le côté écologique est de plus en plus présent dans l’architecture : parce qu’en tant que société, on commence à comprendre qu’il est fondamental de mieux gérer nos ressources.
Selon vous, y a-t-il assez de place à Montréal pour l’architecture?
Il y a beaucoup d’exemples d’architecture intéressants à Montréal : je crois même que la ville est sous-estimée par rapport à cet aspect. Je trouve toutefois dommage que notre modèle de développement soit axé sur la construction de banlieues plutôt que sur la densification des centres urbains. Avec la volonté de développer de façon durable, je crois que les choses changeront.
Quelles sont vos inspirations?
J’aime penser que les inspirations d’un architecte sont infinies. Tout particulièrement, la nature m’inspire parce qu’elle répond d’elle-même à des concepts de gestion de l’énergie.
- Jennifer (Jenna) T. Knudsen
37 ans. Récipiendaire 2011 du prix Jeune Architecte de l’American Institute of Architects (AIA). Associée principale pour CO Architects, une firme de Los Angeles.
Quelles sont vos inspirations?
Je suis inspirée par les aspirations des gens qui œuvrent dans les bâtiments auxquels je travaille, surtout des centres médicaux et des laboratoires. Ces personnes cherchent des remèdes pour les maladies graves. Je me considère choyée de travailler à des projets qui contribuent au mieux-être de la société.
Selon vous, quelles sont les villes américaines qui offrent une architecture intéressante?
Los Angeles est fascinante parce que tout y semble possible et que la ville continue sans cesse de se réinventer. Chicago possède des gratte-ciel incroyables et surprenants. Presque tous les grands architectes ont conçu quelque chose à New York, qui est la plus internationale des villes américaines. J’aime aussi beaucoup le style Art décode Miami.
Que pensez-vous de la place des femmes en architecture?
Le milieu de l’architecture continue à être dominé par les hommes. En tant que femme architecte, je crois que les contributions et le travail des femmes devraient davantage être mis de l’avant. Leur vision différente est une richesse pour le milieu.
Que diriez-vous à un jeune qui songe à étudier en architecture?
Vas-y. Les études d’architecture sont difficiles, mais si tu réussis à passer à travers et que tu désires toujours être architecte, c’est un bon départ! Et je crois qu’à l’avenir, il y aura de plus en plus d’opportunités pour les jeunes architectes.
24 ans. Diplômée de l’Université McGill et récipiendaire de la Médaille étudiante 2010 d’Architecture Canada. Travaille à Montréal.
Vous avez grandi entre Montréal et Beyrouth, et vous avez beaucoup voyagé. Croyez-vous que voir le monde soit important pour un architecte?
Absolument! Notre profession nécessite d’apprendre par l’observation, et nos expériences visuelles du monde influent sur notre façon de travailler. Par exemple, je peux dire que les idées exploitées dans mon projet de thèse ont été influencées par mon expérience de travail à Londres.
Pour vous, quelles sont les villes les plus inspirantes?
Londres, Paris et New York offrent chacune d’excellents exemples d’architecture. Selon moi, tout environnement urbain a le potentiel de voir naître une architecture riche qui sera le résultat des contextes politiques, économiques et sociaux du moment. Je crois qu’un moyen pour les villes d’encourager une architecture unique est d’adopter des politiques qui protègent les intérêts des citoyens, mais qui incitent à l’innovation.
Croyez-vous qu’il y ait assez de place à Montréal pour de nouveaux projets d’architecture?
Il y a certainement assez d’espace physique à Montréal pour de nouveaux projets. La question est plutôt «Y a-t-il assez de place dans la profession pour que les jeunes architectes puissent avoir un impact positif sur leur environnement?»
Laisse-t-on assez de place aux femmes en architecture?
Beaucoup de jeunes femmes s’inscrivent en architecture, comme le prouvent les statistiques des écoles d’architecture. Toutefois, les postes hauts placés sont en majorité occupés par des hommes.