À la découverte du Nicaragua colonial
Granada se révèle être un véritable bijou pour tous ceux et celles qui visitent le Nicaragua. Ville coloniale restaurée, assez petite pour être parcourue à pied, elle possède une riche histoire et un charme certain. Surnommée la «Gran Sultana» (la grande impératrice) par un journaliste espagnol en 1882, elle affiche une grande élégance.
Vous y trouverez tout à la fois les meilleurs musées et les plus fins restaurants du pays, certains de ses plus charmants hôtels, sans compter que la présence du Lago de Nicaragua permet d’envisager toutes sortes d’activités. Fondée en 1524 par le conquistador Francisco Hernández de Córdoba, Granada fut la plus vieille colonie espagnole du Nicaragua et l’une des toutes premières d’Amérique centrale. De plus, pour les Espagnols, elle bénéficiait d’un statut particulier, car, de l’Atlantique, on pouvait l’atteindre par le Río San Juan et le Lago de Nicaragua.
Le centre de Granada
Au fil de votre balade, vous découvrirez tout un ensemble de maisons coloniales aux toits de tuiles rouges et aux murs peints de couleurs chaudes. Parfois, par une porte entrouverte, se dessine une attrayante cour centrale. Dans la plupart des pays d’Amérique latine, celle-ci est considérée comme le cœur de la maison, car elle procure ombre et fraîcheur, et abrite souvent une fontaine autour de laquelle on vient se détendre. Cette oasis est protégée par un muret blanchi, assez épais pour conserver la fraîcheur et étouffer les bruits de la rue.
Le point le plus logique pour entreprendre une visite à pied de la ville est le Parque Central, planté de majestueux palmiers royaux et offrant un environnement des plus agréables. Du côté est, vers le lac, la cathédrale néoclassique domine le parc avec son élégante façade jaune safran. Elle comporte des colonnes et des voûtes simples qui créent une atmosphère austère autour de la représentation frappante de la Vierge se dressant au-dessus de l’autel. La chapelle de l’aile nord est plus richement décorée, et l’on y célèbre souvent des services de moindre envergure.
La croix érigée sur le parvis, à gauche de l’entrée principale, date de 1900 et symbolise la fin de la guerre civile, qui a fait rage pendant presque tout le siècle pré-cédent entre les forces de Granada et de León. Des citoyens las des combats avaient enterré ici certains effets personnels, de même que des armes, et planté la croix par-dessus.
Rendez-vous ensuite une rue vers l’est, jusqu’à l’Iglesia de San Francisco et l’Antiguo Convento de San Francisco. D’importants travaux de restauration ont été effectués sur le bâtiment en 1996 (mais sa belle façade bleue demeure délavée par le soleil et les années). Il abrite aujourd’hui la bibliothèque municipale et un musée, le Centro Cultural Convento de San Francisco. L’intérieur de ce musée révèle les diverses pièces jadis utilisées par les moines, dont une abrite des photographies prises lors des différentes étapes de la restauration. La section ethnographique présente une petite collection d’objets précolombiens.
Accolée au musée, la Sala Zapatería est flanquée d’un splendide ensemble de 28 hautes statues précolombiennes venant des sites archéologiques du Parque Nacional Archipiélago Za-patera. Sculptées par les Chorotegas, elles ont une taille qui suggère qu’elles auraient pu soutenir le toit d’un édifice. Le musée abrite par ailleurs une section d’art religieux et une autre comprenant des peintures primitivistes très colorées des années 1980.
Située à deux rues à l’ouest de l’angle sud-ouest du Parque Central, l’Iglesia de la Merced, de style baroque, fut construite en 1781. Comme la plupart des autres bâ-timents de la ville, elle fut détruite par William Walker et reconstruite par la suite. Seule sa façade, en très mauvais état, est d’origine.
Gravir les marches jusqu’au clocher vous permettra d’avoir une superbe vue panoramique de la ville. À trois rues au sud du Parque Central, le marché, situé dans un vieux bâtiment, s’ouvre de chaque côté sur la rue. La partie couverte regroupe essentiellement des vendeurs de chaussures et de vêtements, ainsi que la section de boucherie, aux odeurs âcres. Vous vous sentirez sans doute plus à l’aise dans la partie extérieure, là où l’air circule mieux. Les jours ensoleillés, les piles de fruits et de légumes aux couleurs variées offrent un spectacle frappant.
Conseils pratiques
- Essayez de plaisanter avec les enfants ou de les chatouiller si vous ne voulez pas leur donner l’argent (peso) qu’ils demandent, en feignant d’avoir compris beso (bisou) ou queso (fromage).
- Emportez un rouleau de ruban adhésif ou roulez-en une certaine quantité autour d’un stylo, que vous pourrez au besoin utiliser pour réparer tout article brisé ou endommagé, qu’il s’agisse d’un livre ou d’un sac.
- Remplacez votre habituelle serviette par un sarong ou quelque autre étoffe du genre, plus légère, plus polyvalente et plus facile à faire sécher.