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Controverse à la CSEM : Joe Ortona se défend, mais reconnaît une erreur

M. Joe Ortona lors de l’annonce de sa candidature au poste de conseiller de Ville pour Ensemble Montréal en juillet dernier. Photo: Mariklôde Tardi, Métro

L’ancien candidat de la formation Ensemble Montréal et actuel président de la Commission scolaire English Montreal (CSEM), Joe Ortona, reconnaît que la CSEM a fait une erreur en remettant en question la nation québécoise dans le cadre de sa contestation du projet de loi 96.

Exclu de son parti Ensemble Montréal, Joe Ortona se dit déçu par la décision de Denis Coderre, mais concède que la résolution adoptée par la CSEM est allée trop loin. « Bien que nous ayons des inquiétudes au sujet de la modification constitutionnelle proposée, nous avons commis une erreur en remettant en question le fait que le Québec soit une nation », admet M. Ortona.

Dans un document de la CSEM, les élus de la commission scolaire demandent le retrait du projet de loi 96 du gouvernement Legault sur le français, la langue officielle du Québec. Dans cette même résolution, il est écrit que « Le Québec n’est pas une « nation », […] Le seul mot précis à utiliser pour définir la réalité du Québec est « province » ».

Bien qu’il dise aujourd’hui accepter le concept de nation, M. Ortona répète que la CSEM est grandement préoccupée par plusieurs autres aspects du projet de loi 96, dont les « pouvoirs accrus des représentants de l’Office de la langue française pour effectuer des perquisitions et des saisies sans mandat ».

Controverse

Dans la foulée de l’adoption de la résolution, le chef d’Ensemble Montréal, Denis Coderre, a exclu de son parti M. Ortona, candidat au poste de conseiller de Ville du district Loyola dans l’arrondissement Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce (CDN-NDG).

« C’est inacceptable. La protection de la langue française fait partie de nos valeurs fondamentales : nous l’avons démontré publiquement à plusieurs reprises, notamment avec notre demande pour la création d’un Conseil de la langue française. Je reconnais le Québec comme nation, tout comme notre formation politique. Le document de la commission scolaire English-Montréal, dont la présidence est assurée par M. Ortona, va totalement à l’encontre des valeurs de notre parti », a déclaré M. Coderre par voie de communiqué.

M. Ortona n’aurait jamais prévenu son chef ni les membres de son parti concernant cette prise de position. Ce dernier se défend, estimant que sa « réputation de défendeur des droits de l’anglais était bien connue d’Ensemble Montréal ». Il ne ferme pas la porte à une éventuelle candidature indépendante.

C’est l’actuel directeur de cabinet du chef de l’opposition à l’hôtel de ville, Gabriel Retta, qui briguera le poste de conseiller de Ville dans Loyola pour Ensemble Montréal.

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