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«Ubuntu 2020»: la pandémie à travers l’art

Bien que l’exposition soit présentée en 2021, elle incorpore l’année 2020 dans son nom. Cette décision a été prise par les artistes afin de contextualiser les œuvres dans la première vague de la pandémie. Photo: Gracieuseté/L’art de capter par Josiane Farand

L’exposition pluridisciplinaire Ubuntu 2020 réalisée par l’artiste en arts textiles Tina Struthers ainsi que la musicienne jazz Liberté-Anne Lymberiou est en cours à la maison Félix-Leclerc. À travers cinq émotions, elle se veut un retour sur la première vague de la pandémie.

Tina Struthers devait réaliser des œuvres pour un spectacle de Liberté-Anne Lymberiou au printemps 2020, mais en raison de la pandémie, l’événement a été annulé. Les deux artistes ont alors décidé de collaborer à un projet qui aurait comme sujet la pandémie.

À travers cinq performances de danses captées par vidéo, cinq émotions sont mises en scène, soit le choc, «nourrir», le deuil, la reddition et la victoire. Tina Struthers a conçu les costumes ainsi que des sculptures alors que Liberté-Anne Lymberiou a écrit et interprété la musique qui accompagne les vidéos.

La photographe Josiane Farand a immortalisé ces scènes, qui sont présentées à la maison Félix-Leclerc en compagnie de certains costumes, de sculptures d’art textile et de panneaux d’explication.

Pandémie mise en scène

L’objectif de l’exposition est de montrer le parcours émotionnel derrière la pandémie, mais également l’importance d’en retenir quelque chose. «C’est comme ça que l’on comprend mieux le monde qui nous entoure», indique Tina Struthers.

La dernière émotion, celle de la victoire, n’évoque pas une victoire face à la pandémie, mais bien une victoire pour l’évolution de la manière de réfléchir. «C’est plus une victoire à l’intérieur de nous-même», continue l’artiste.

Mettre en scène la pandémie lui a permis de laisser aller son imagination afin de trouver des façons de montrer le virus, qui est imperceptible. 

«Dans certains costumes, j’ai présenté le virus plus gros parce que même s’il est tout petit, il nous paraît plus grand, explique Mme Struthers. C’est une question de perspective et de peur de l’inconnu.»

Année occupée

Cette exposition s’ajoute à plusieurs projets et distinctions pour Tina Struthers, qui a été occupée malgré la pandémie.

En plus de recevoir un prix Arts de la ville, elle a notamment participé aux expositions Contamination culturelle ainsi que Terre-Maires 2, et réalisé deux résidences à Montréal ainsi qu’une résidence Instagram.

«Les deux dernières années ont été assez folles pour moi, soutient-elle. J’ai eu plein de changements dans ma vie personnelle qui me forçaient déjà à m’adapter, donc la pandémie est en quelque sorte bien tombée pour moi parce que j’avais déjà entamé un processus de changement.»

Elle souhaite que cette lancée se poursuive afin qu’elle puisse continuer d’être artiste à temps plein. L’exposition Ubuntu 2020 est présentée jusqu’au 8 décembre à la maison Félix-Leclerc.

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