Ahuntsic-Cartierville

Deux frères de mères différentes

Onyx et François lors de l'une de leurs activités.
Onyx et François lors de l'une de leurs activités. Photo: Gracieuseté

L’amitié qui lie François et Onyx est des plus particulières. Non seulement en raison de la différence d’âge qui les sépare – François est âgé de 27 ans et Onyx est âgé de 14 ans – mais de son caractère fraternel. C’est que les deux jeunes ont été jumelés il y a trois ans par l’organisme Grands Frères Grandes Sœurs. Dans le cadre de la Journée internationale des droits de l’enfant du 20 novembre, Métro a rencontré le duo.

Un grand frère, un petit frère

«C’est ma mère qui m’a inscrit. Mon père est parti et ma mère a voulu me jumeler avec quelqu’un. J’ai été jumelé à François et c’est nice», raconte Onyx au sujet de son implication dans Grands Frères Grandes Sœurs. En plus d’avoir la possibilité de faire des activités typiques d’un adolescent de son âge, comme assister à des parties de football, aller au cinéma ou jouer aux jeux vidéo, celui-ci trouve aussi en son grand frère un confident.

«On parle de choses dont je ne peux pas vraiment parler avec mes amis. J’aime mieux parler avec François qu’avec un gars de 13 ans de mon école parfois», explique-t-il. L’adolescent affirme d’ailleurs que s’il considère ses amis proches comme faisant partie de sa famille, il voit réellement François comme un grand frère.

De son côté, François souligne d’entrée de jeu la maturité émotive et l’intelligence d’Onyx. Quand il parle de son petit frère, François est donc loin d’utiliser un ton infantilisant. «C’est mon boy», répète-t-il d’ailleurs à plusieurs reprises lors de l’entrevue. Celui qui travaille pour la Ville de Montréal explique s’être joint à l’organisme pour transmettre son expérience. «Je n’ai pas eu de figure fraternelle dans ma vie, avoue-t-il. J’ai eu deux grandes sœurs qui étaient formidables dans leurs rôles, mais je n’ai pas eu cette présence et j’en aurais peut-être bénéficié.»

Si au départ, il s’est impliqué avec le souhait de redonner à la communauté, François reconnaît que son engagement s’est transformé au fil du temps. «Je voulais donner de mon temps et faire ma part, mais rapidement c’est devenu plus que ça. C’est devenu une relation avec quelqu’un que j’aime beaucoup et que je veux voir évoluer.»

Il explique d’ailleurs ne pas vouloir dire à Onyx «comment évoluer» ou le guider dans chacun des aspects de sa vie, mais plutôt lui donner des balises. «S’il y a quelque chose que je ne suis pas, c’est son père. Je n’ai pas à le punir, je suis plus comme un ami avec plus d’expérience», précise-t-il.

Une pandémie trouble-fête

Le duo admet que la pandémie a quelque peu affecté leur relation, alors qu’ils ne se sont pas vus pendant près d’un an. Si leurs contacts se sont un peu espacés et qu’ils prenaient de leurs nouvelles respectives une fois par mois au lieu d’une fois par deux semaines environ, ils ne se sont toutefois pas quittés.

François admet à cet égard que, s’il trouvait important de garder contact, il préférait toutefois voir son petit frère en vrai qu’à travers un écran. «Ça n’a pas affecté la solidité de notre relation, au contraire, précise-t-il. Depuis, ça va bien, on a repris.»

Redonner au suivant

Lorsqu’on lui demande s’il envisage de s’impliquer auprès de Grands Frères Grandes Sœurs lorsqu’il en aura la possibilité, Onyx n’hésite pas bien longtemps. «C’est sûr que je vais m’impliquer quand je vais être plus indépendant et que j’aurai ma voiture, lance-t-il. Quand je vois ce que fait François, je trouve ça important. Ça m’a aidé et je trouve que je pourrais aussi faire ma part.»

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