Ahuntsic-Cartierville

«Le seul message que j’ai, c’est de vivre la simplicité des choses»

Gérard Dansereau a élu domicile dans Ahuntsic, où il a installé son atelier de graphiste-peintre.
Gérard Dansereau a élu domicile dans Ahuntsic, où il a installé son atelier de graphiste-peintre. Photo: Clément Bolano, Métro Média

Derrière l’épais cadre de ses lunettes, le regard de Gérard Dansereau traduit sa tranquillité, sa bienveillance. Dans son atelier d’Ahuntsic règne ce même calme, à l’image de la sérénité du maître des lieux. À l’occasion de son exposition à la maison de la culture d’Ahuntsic, l’artiste-peintre a ouvert les portes de son atelier à Métro.

«Ça fait 12, 13 ans que je suis dans l’arrondissement. Ahuntsic est parfait pour moi; les parcs, les activités, les services… C’est comme un petit village, on y fait ses courses à pied», raconte celui qui a vécu sur le Plateau «une bonne partie de [sa] vie».

Son espace de travail est baigné dans la lumière naturelle, entouré de verdure. «C’est très reposant, on peut retrouver ça dans Ahuntsic», souligne-t-il.

Mais ce n’est pas de la végétation qu’est né l’amour de Gérard Dansereau pour le quartier. Le graphiste de formation a enseigné cette discipline au Collège Ahuntsic pendant 25 ans, un «grand moment dans [sa] vie».

«C’était une très belle période. J’ai encore des liens avec mes anciens étudiants», sourit-il.

Si l’artiste dit avoir eu «une vie assez simple», il n’a pas eu le temps de s’ennuyer, car avant de devenir professeur, le jeune Gérard Dansereau a évolué dans le milieu de la publicité. Il faisait notamment de l’illustration.

Cette partie de sa vie professionnelle a durablement influencé son art.

Une œuvre à plusieurs visages

«Je ne suis pas un peintre qui ne travaille qu’avec ses émotions», confie l’Ahuntsicois, qui a touché ses premiers pinceaux à 13 ans. Une façon de procéder particulièrement influencée par le fait de «travailler avec des commandes».

Le travail de Gérard Dansereau mêle des couleurs expressives, la typographie et l’abstrait.

On peut y entrevoir ses influences qui remontent aux années 1960, avec notamment Jasper Johns et Andy Warhol. Il traduit aussi un «côté candide», une «vision de la vie [qu’il peut] avoir».

Le fameux chat «Kat Mandou» trône comme un roi dans le bestiaire de l’artiste. Ce dernier se plaît à représenter les animaux dans un style que l’on qualifie «d’art contemporain joyeux».

L’artiste en compagnie de son fidèle Kat Mandou. Photo: Gracieuseté, Josée Cusson.

Posé sur le chevalet, un des tableaux sur lesquels travaille l’ancien professeur représente d’ailleurs son petit complice d’acrylique.

«Puis il y a un côté plus poétique et intime avec mes tableaux de facture contemporaine», rappelle-t-il. Là, on entre dans un style bien différent, où l’abstrait fait ressortir les textures et les couleurs de ses toiles.

Une grande humilité

Quand il parle de son art, le septuagénaire est surprenant d’humilité.

«Je n’ai pas un message au niveau intellectuel. Peut-être que j’en suis un, mais je ne veux pas cette étiquette-là. Je vois ça de façon assez simple: la peinture est dans toute ma vie, de façon quotidienne, sans que j’aie de grands messages à partager», explique Gérard Dansereau.

Alors, qu’est-ce que reflètent ses peintures?

«Le seul message que j’ai, peut-être, c’est de vivre la simplicité des choses», laisse pour seul indice le graphiste-peintre.

«On fait un travail d’artisan. Oui, il faut être fier de son travail, mais qui embrasse tout mal étreint. Si l’on veut des grands principes de vie, il vaut mieux rester simple», répète-t-il.

Gérard Dansereau a toujours «le feu sacré». Son plaisir d’expérimenter et de découvrir au travers de la peinture est intact. Il invite d’ailleurs les habitants à le partager, en allant découvrir son exposition à la maison de la culture Ahuntsic, jusqu’au 5 juin prochain.

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