Apprivoiser le froid à Ahuntsic
Saïd est arrivé, de son Algérie natale avec sa famille depuis une peu plus de trois ans. Il réside à Ahuntsic depuis deux ans et il reconnait qu’il a dû apprendre à affronter très vite le froid.
« On ne s’habitue pas au froid, on s’habitue à la manière de le combattre », tient-il à préciser. Dès son arrivée, il a comme beaucoup de nouveaux arrivants, suivi des ateliers d’immigration Québec. « On nous a surtout parlé de la neige, alors que l’on sait ce que c’est cette chose blanche qui recouvre le sol en hiver. La chose à laquelle on nous a le moins préparés : c’est au froid polaire, relève-t-il. C’était plaisant d’entendre les gens parler des problèmes qu’ils rencontrent pour sortir leurs voitures des bancs de neige, mais avant d’avoir vu cela, on n’imagine pas vraiment ce que c’est. Dans le même temps, ce problème est à mille pieds au-dessus de la tête de celui qui vient de débarquer de l’avion. »
Pour lui, la préparation psychologique c’était avant le départ. « Les Québécois n’ont pas idée de tout ce qui se dit à l’étranger comme niaiseries sur le froid. Cela relève des mythes. Pour moi, ils se sont écroulés dès mon premier hiver. Je peux rassurer tout le monde, on ne meurt pas congelé dans les rues de Montréal », plaisante-t-il.
Leçons
Au centre Scalabrini, une des plus anciennes institutions qui reçoit des réfugiés et des immigrants à Montréal, on propose des ateliers pour expliquer ce qu’est le froid.
« On fait un portrait de la région et du climat, dit Miguel Arevalo, directeur général du centre. On donne aussi des conseils sur comment s’habiller et les ressources pour trouver des vêtements. » Le centre lui-même tient une petite boutique d’habits d’occasion. La dernière conférence s’est tenue en décembre. « Il y avait des gens pour qui c’est le premier hiver certes, mais il y en avait une qui est là depuis trois ans », souligne le patron de l’organisme de la rue Sauriol.
« Il faut aussi savoir dire ce qu’on doit manger en hivers, remarque -t-il. Le plus difficile c’est d’expliquer que l’hiver extrême n’a rien d’une exception et que cela revient chaque année. »
« Je pense qu’un atelier sur le froid n’est pas inutile pour comprendre que l’hiver ne signifie pas s’enfermer chez soi au chaud et que l’on peut sortir et s’amuser dehors. Dans mon pays d’origine, quand il faisait froid j’attendais que passe le mauvais temps. Ce n’est pas valable ici », constate Saïd.