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Coupe d'arbre sous haute tension

Hydro-Québec coupera des arbres situés sur ses emprises du Bois-de-Liesse et du Bois-de-Saraguay cet automne. Des résidents des quartiers limitrophes ne sont pas d’accord. Ils font valoir que la végétation constitue l’habitat naturel de plusieurs espèces animales et que ces forêts sont les derniers témoins de la vie sauvage à Montréal avant l’arrivée de Jacques Cartier. Pour Hydro-Québec, ces coupes sont rendues nécessaires pour des question de sécurité et pour maintenir la qualité de service pour ses abonnés.

Le 19 novembre, des citoyens ainsi que des représentants d’Hydro-Québec et de la ville de Montréal ont effectué une visite au Bois-de-Liesse et au Bois-de-Saraguay. Cette excursion automnale a été organisée alors que les résidents du coin sont mobilisés depuis le mois de juin, pour éviter que les arbres situés sur l’emprise d’Hydro-Québec dans les bois cités soient coupés. La décision tant redoutée est finalement tombée : 49 arbres seront coupés avant la fin de l’année.

« On est allé marcher sur le terrain parce que lorsqu’on voit, c’est plus facile à comprendre », indique Jean-Philippe Rousseau, des communications d’Hydro-Québec, pour expliquer la raison de l’opération de relation publique. Du point de vue de l’opérateur d’électricité, les arbres à grand déploiement sous les pylônes de transport de l’électricité ou à proximité peuvent menacer, à un moment ou un autre, les lignes à haute tension. Il y a des questions de sécurité évidentes qui sont mises en avant, mais aussi, comme le stipule M. Rousseau : « pour éviter qu’il y ait des pannes d’électricité ».

Annoncé en juin, l’abattage des arbres a été reporté sans date précise. Trois réunions ont eu lieu depuis avec les résidents des rues limitrophes, les représentants des comités de préservation de la nature et des élus.

« On est déçu. L’élagage aurait suffi », soupire Denis Lemieux, résident de Cartierville et membre d’un comité mis sur pied uniquement pour défendre les arbres. Il a pris part à la visite des bois. « Les gens d’Hydro-Québec n’ont pas voulu que les journalistes nous suivent, qu’ils prennent des photos ou qu’ils écoutent ce qu’on s’est dit », dénonce-t-il. Il annonce que des arbres seront coupés avant la fin de l’année. « Ils veulent couper avant l’arrivée de la neige », souligne-t-il.

Condamnation

« Pour les risques à court terme, un certain nombre d’arbres doivent être coupés. Il s’agit de 49 au Bois-de-Saraguay et 22 au Bois-de-Liesse », confirme M. Rousseau.

« Au Bois-de-Saraguay, 25 seront abattus et 24 laissés dans les airs, des chicots, des arbres coupés à 4 m de hauteur. Ils n’auront plus de feuillages et on va faire des trous pour les oiseaux », regrette M. Lemieux.

« Ce qu’ils appellent arbres, ce sont des souches qui peuvent porter jusqu’à huit arbres », reproche-t-il. « La manière de compter, c’est celle convenue dans le milieu horticole, un arbre c’est un réseau racinaire, conteste M. Rousseau. La ville de Montréal compte les arbres de la même manière. »

Les coupes se poursuivront

Une autre série d’arbres devraient être abattue plus tard. Les coupes décidées se poursuivront sur trois ans. « Pour les risques à moyen terme, il y aura 136 autres arbres à Bois-de-Liesse », avertit M. Rousseau.

Il tient à préciser aussi qu’Hydro-Québec ne fait pas cela pour le plaisir. « On souhaite que la visite sur le terrain ait répondu aux questions que les gens se posent et on souhaite que cette visite ait pu être bénéfique. »

« On voulait avoir de l’élagage seulement et essayer de préserver les arbres, déplore M. Lemieux. Le parc nature est le seul endroit où il n’y a jamais eu de construction depuis que Jacques Cartier a mis pied à terre à Montréal. On n’est pas satisfaits. On leur a demandé revoir encore leur décision. »

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