Un manque cruel de stades
« Cela fait dix ans que je suis ici, raconte le directeur technique du Club Samir Hadjih. Il y avait 500 ou 600 joueurs, aujourd’hui on en est à plus de 1000. »
« On va bientôt atteindre les 1200 inscrits », renchérit Virginie Paquet, présidente du conseil d’administration. Le club est en plein blitz d’inscriptions et les filles représentent un tiers des postulants.
« Nous sommes les seuls à Montréal à avoir six équipes en élite triple A », souligne Mme Paquet. Le club s’est donné pour objectif d’avoir aussi ses équipes triple A féminines.
« Si nous avions plus d’infrastructures, on recevrait plus de jeunes, observe M. Hadjih. Avec un terrain couvert, on pourrait élaborer un programme sport-études ou penser à jouer en semi-professionnels. »
Les dirigeants des Braves affichent de grandes ambitions, leurs rêves et ceux des jeunes se heurtent au manque de terrains adéquats.
Des terrains et de l’argent
Le territoire des braves c’est le parc Auteuil. Le chalet à proximité, rénové et rouvert au mois de mai de l’année passée, arbore fièrement les couleurs du club.
Sur le parc, un stade est en cours de réalisation, pour plus d’un million et demi de dollars. Il devrait être praticable ce printemps. « Une terrain pour le beau temps », note, désenchanté, M. Hadjih. Il rêve d’une surface couverte utilisable en hiver.
« Il faut savoir qu’habituellement on paye 27 000 $ par année pour louer des gymnases et cette année on en a eu pour 43 000 $ », précise Mario Calabrese, directeur général des Braves. Cette somme permet de disposer de gymnases comme celui du complexe Sophie-Barat à Ahuntsic ou de Bois-de-Boulogne à Laval.
Les cotisations des joueurs et les dons de quelques commanditaires constituent les revenus du club.
D’autres perspectives
« On veut que les jeunes apprennent dans de bonnes conditions », affirme M. Calabrese.
De bonnes conditions avec de bons résultats si bien que les Braves se disent victimes du comportement prédateur des grands clubs. Beaucoup de joueurs sont repêchés par l’Impact, la grande formation montréalaise. « Sans dire merci », constate amèrement M. Hadjih.
Chez les Braves on ne désespère pas de proposer d’autres alternatives. «Nous sommes en discussion avec de grands clubs en France pour y envoyer des joueurs.»
Pour lire le portrait du soccer à Montréal réalisé par Audrey Gauthier.