Sault-au-Récollet, ville moderne
À la fin du régime seigneurial en 1854, le Sault-au-Récollet devient une municipalité de paroisse. À cette époque, son territoire couvrait un huitième de l’île de Montréal. À la fin du 19e siècle, il se morcèle à mesure que des villes indépendantes se forment: Saint-Léonard-de-Port-Maurice (1886), Villeray (1897), Ahuntsic (1897), Bordeaux (1898) et Cartierville (1906). À l’exception de Montréal-Nord (1915), toutes ces villes seront annexées à la Ville de Montréal au tournant du 20e siècle.
Les villages voisins devenant indépendants, le Sault-au-Récollet se devait de modifier son statut. Cela devait passer par une modernisation des infrastructures du Sault. Ainsi, le conseil municipal fait ouvrir des rues, construire des trottoirs, installer un réseau d’égout et d’aqueduc. On pousse même le réaménagement jusqu’à l’installation de deux fontaines au coin de la rue De Martigny et du boulevard Gouin et au coin de la rue du pont et de la rue de l’Île-de-la-Visitation. L’ensemble de ces modifications avait comme objectif de permettre au Sault-au-Récollet d’accéder au titre de ville.
C’est ainsi qu’à la suite du développement des infrastructures, le conseil municipal, appuyé par ses électeurs, effectue une demande à Québec pour devenir une ville à part entière. Cette requête fut accordée et la Ville du Sault-au-Récollet voit le jour le 19 février 1914. Ses limites sont la rue Sauvé au sud, la rivière des Prairies au nord, la rue J.J. Gagnier à l’est et la rue Saint-Charles à l’ouest.
Depuis la période de la Nouvelle-France, les commerces se sont concentrés autour du complexe des moulins et ont créé par conséquent le noyau villageois encore visible aujourd’hui. Ce dernier formera le cœur de la nouvelle ville du Sault-au-Récollet. Au tournant du 20e siècle, ces commerces sont le marchand général Corbeil, le boulanger Delorme, le boucher Scott, la laiterie Monette, le maître de poste Dubreuil ou encore le docteur Pelletier.
Malheureusement, les moulins sont victimes d’un incendie en 1914 peu de temps après la création de la ville. Ces derniers étant le plus important employeur du secteur, ils obtiendront une aide financière du conseil. L’endettement créé par le développement des infrastructures et par cette aide financière étant trop lourd, le Sault-au-Récollet, faute de moyens, est annexé en 1916.
Le Sault-au-Récollet n’aura été une ville que pendant deux ans. Par contre, à l’instar d’Ahuntsic, de Cartierville et de Bordeaux, cette indépendance démontre une collectivité forte. Cette dernière caractérise encore aujourd’hui le Sault-au-Récollet.
Vincent Garneau, coordonnateur au développement historique, Cité historia