Un poste de police plus proche des jeunes
«Une des valeurs que j’ai inculquées au poste, c’est le respect. Pour moi, en tant que chef d’unité, tout partait de là», explique le commandant Bélair. Une notion de respect adaptée à la réalité particulière de Bordeaux-Cartierville. «Nous vivons dans un quartier très multiethnique avec beaucoup de nouveaux arrivants. Le poste demande beaucoup d’ouverture face aux différences entre les gens. Mais le but, pour tous, c’est de vivre dans un environnement sécuritaire», précise-t-il.
Sa mission de préservation de la sécurité, il la voit adossée à un travail de proximité mené souvent auprès des jeunes.
Près des jeunes
«Notre lien avec les jeunes est très serré. On les rejoint dans les écoles de la première année jusqu’en secondaire 5. À chaque étape, on va parler aux jeunes de ce qui les intéresse. En secondaire 5, on va profiter de l’occasion du bal des finissants et on va parler d’alcool, de l’auto. En secondaire 4, on va parler de la violence dans les relations amoureuses», indique-t-il.
Il avoue toutefois que «cette manière de faire revient à un agent sociocommunautaire, Stéphane Eid, qui avait muri sa réflexion et qui disait qu’un enfant devait rencontrer un policier à chaque année».
Lors de ces rencontres avec les policiers, les agents du PDQ 10 donnent des informations. «Elles sont liées aux mesures alternatives auprès des jeunes. Nous parlons de la loi sur les jeunes contrevenants», mais pas seulement.
Discuter
«On informe les jeunes des conséquences de leurs gestes, du savoir être et comment se comporter», ajoute-t-il. Pour les policiers, c’est une manière de prévenir les risques de délinquance auprès des jeunes, tout en repérant les personnes les plus en difficulté.
«Ce sont des jeunes qui sont en recherche d’identité et on leur explique les risques», signale-t-il. Pour trouver ces jeunes, le PDQ 10 se fait aider. «Nous les trouvons via la table jeunesse, les ICS», grâce aux organismes communautaires en somme.
Partenariat
Le mot partenariat revient beaucoup dans le discours de M. Bélair: «La police peut faire un bout de chemin, mais ne peut pas être leader et nous ne voulons pas l’être. Nous voulons être des partenaires.»
«On nous demande souvent que fait la police ? La police peut intervenir en application des règlements, mais elle ne règle pas le problème. Il y a un travail social à faire. C’est le rôle des institutionnels, des politiques et des intervenants communautaires. Nous pouvons aider, apporter notre contribution, mais nous voulons être des partenaires», affirme le chef du PDQ 10.
C’est dans ce contexte de proximité et de partenariat que des policiers du PDQ 10 ont participé à une compétition inter-quartier de soccer. «Une excellente manière de se chicaner avec des policiers pour un ballon», dit-il sur un ton amusé, annonçant que le PDQ10 planchait présentement sur un projet de concours qui permettrait aux jeunes de se confronter aux policiers dans un parcours d’arbre en arbre.