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Vigilance requise dans nos choix de consommation

Qu’ont en commun notre alimentation, les vêtements que nous portons et les produits d’entretien ménager que nous utilisons quotidiennement? À première vue, pas grand-chose, mais tous contiennent des substances chimiques nocives pouvant provoquer des dérèglements hormonaux. La directrice générale de Ville en vert écoquartier Ahuntsic-Cartierville, Élyse Rémy, recommande d’être vigilant.

Des quelques 100 000 nouveaux composés chimiques élaborés depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, environ 35 000 d’entre eux se retrouvent aujourd’hui dans des produits de consommation vendus au Canada. On en retrouve partout: dans la nourriture, le plastique, les tissus, les cosmétiques et les détergents. Parmi ces substances, certaines sont qualifiées de « perturbateurs endocrinien » puisqu’elles entrent dans le corps et peuvent y causer un désordre dans l’action régulatrice des hormones des hommes, des femmes et des enfants. Ces perturbateurs, des spécialistes les soupçonnent d’être en partie responsable de cas d’infertilité, de malformations, mais aussi d’allergies et de formes de cancer.

De tous ces composés chimiques pouvant être nocifs que l’on retrouve dans des produits d’usage quotidien, Mme Rémy décerne le bonnet d’âne à trois catégories, ou « famille » de substances reconnues comme étant des perturbateurs hormonaux: les parabènes, les phtalates et le triclosan.

« On retrouve les parabènes dans presque tous les produits cosmétiques, mais davantage dans les hydratants pour le visage et les produits de maquillage », note Élyse Rémy se référant au guide Sabotage hormonal produit par le Réseau québécois des femmes en environnement (RQFE), disponible à l’écoquartier. « Les phtalates sont quant à eux utilisés dans tous les produits parfumés: ils ont la propriété de transporter les fragrances afin que celles-ci durent plus longtemps. Toutefois, même une courte exposition, la peau absorbe et le phtalate et le parfum », indique-t-elle.

« Il y a aussi le triclosan qui est particulièrement vilain, commente Mme Rémy. Ils sont utilisés dans les savons, dentifrices, lotions, crèmes à raser, désodorisants, rince-bouche et plusieurs autres ». Le triclosan est utilisé plus spécifiquement comme un antibactérien, terme que l’on voit sur un vaste éventail de produits d’utilisation quotidienne. Ce composé est entre autres suspecté de bloquer la fabrication d’œstrogène, ce qui peut s’avérer particulièrement dangereux pour la femme enceinte, le développement cérébral et l’oxygénation du fœtus, mais on en retrouve aussi dans nos cours d’eau. Mme Rémy recommande d’ailleurs à cet effet de consulter les travaux de Wenonah Hauter concluant qu’il a un effet toxique sur les algues, le phytoplancton et d’autres formes de vies aquatiques. Son absorption par ces organismes signifie qu’il peut se diffuser dans la chaîne alimentaire.

Élyse Rémy rappelle que Santé Canada « recommande d’éviter les antibactériens », ceux-ci pouvant causer le développement de bactéries plus résistantes. Un indice pour reconnaître les produits contenant du triclosan: La marque de commerce Microban est liée à l’utilisation de l’antibactérien.

Des certifications

Les certifications écologiques et biologiques des produits ménagers et d’usage courant ne sont pas régies avec le même zel qu’elles le sont notamment dans le monde de l’alimentation, ce qui complique la tâche du consommateur avisé. « Prenons l’écologo par exemple, les deux colombes sur une feuille d’érable. Cette certification canadienne indique seulement qu’un produit est biodégradable en 28 jours dans l’environnement », indique Mme Rémy, or, certains produits deviennent toxiques en se dégradant.

Même si les perturbateurs endocriniens agissent à des doses infimes, ceux-ci inquiètent la communauté scientifique, notamment quant aux dérèglements qu’ils peuvent causer au développement de l’enfant. Même si les gestes individuels qui peuvent protéger votre foyer contre une partie de ces substances, cela se fait un prix d’un grand effort de mémoire, de volonté et de choix difficiles. C’est pourquoi le Courrier amorce avec ce texte, une série de chroniques, supervisées par Élyse Rémy, sur la sensibilisation aux composés chimiques dans nos choix de consommation.

Liens utiles:

http://www.protegez-vous.ca/sante-et-alimentation/triclosan.html

http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/anne-jeanblanc/le-triclosan-bientot-banni-des-produits-d-hygiene-18-08-2012-1496958_57.php

http://www.chemicalsubstanceschimiques.gc.ca/fact-fait/triclosan-fra.php

 

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