Le site de l'usine de compostage inquiète un élu
«Ce qu’on ne dit pas, c’est qu’à quelque 500 ou 600 mètres, il y a un quartier résidentiel de Ahuntsic-Cartierville», a-t-il martelé en entrevue au Courrier. Le quartier est délimité par l’avenue Le Mesurier à l’est, rue Camille à l’ouest, rues Hervé et Maple au sud et Gouin Ouest au nord. Il jouxte le Parc-Nature-du-bois-de-Saraguay. Il n’est pas éloigné de l’ancienne usine Goodyear. C’est sur le terrain de celle-ci, accessible par le boulevard Henri-Bourassa, qui va accueillir la nouvelle unité de traitement des déchets organiques.
M. Chitilian a répété publiquement ses propos lors du conseil d’arrondissement de Ahuntsic-Cartierville du 11 février. Il assure pourtant: «Comme citoyen et en tant que Montréalais, je ne suis pas contre l’idée de prendre les devants et éviter d’enfouir les déchets organiques, même avant la date butoir de 2020.» Mais il précise: «Je ne veux pas que les centres de traitement des déchets installés n’importe comment, aux quatre coins cardinaux de la ville».
Ces mêmes inquiétudes sont partagées avec les citoyens dont les demeures voisinent avec le site. Ils avaient participé nombreux à la consultation publique du mois d’octobre 2012 relative à ce centre de compostage. Ils s’inquiétaient des odeurs dérangeantes, de la prolifération des microbes, des effets du centre sur leur qualité de vie et sur la future valeur de leurs biens. Certains se disaient mobilisés pour bloquer le projet.
M. Chitilian, présent lors de ces consultations publiques, appréhende aussi la manière de gérer cette usine: «J’entends les mots fatidiques de PPP, partenariat public-privé. J’espère que les autorités municipales responsables de ce dossier vont suivre les recommandations».
Josée Duplessis rassure
«Le plan d’affaires n’a pas été encore présenté aux élus, nous en sommes uniquement à la phase d’identification des sites», réplique Josée Duplessis, membre du comité exécutif de la ville responsable des questions d’environnement.
La commission installée par l’Office de consultations publiques de la ville (OCPM) recommandait dans son rapport d’offrir aux citoyens «un moyen de suivre le projet de près à toutes les étapes de sa réalisation», tout en soulignant «l’importance d’un processus transparent lors de la conceptualisation, la construction et la mise en activité du centre de compostage». «Dans le projet de règlement, qui devrait être présenté aux élus à la prochaine session du conseil municipal, nous allons répondre à toutes les recommandations», assure Josée Duplessis.
La commission de l’OCPM avait aussi formulé des recommandations relatives à la gestion du bruit, des odeurs et de la circulation. Elle avait également adressé des questions aux élus concernant les impacts sur la santé.
Chitilian s’alarme par ailleurs du choix technologique dont on ne sait rien encore. «Il faut faire attention à cette question pour ne pas favoriser un entrepreneur par rapport à un autre. Moi-même, je ne peux rien vous dire à ce sujet», explique Mme Duplessis. Elle annonce tout de même que «le Comité exécutif est capable de répondre à toutes les recommandations, peut-être pas telles que formulées dans le rapport, mais au moins dans l’esprit de ce qui a été demandé».