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Moyens réduits pour l’aide aux immigrants

Depuis deux ans, le budget alloué par le ministère de l’Immigration et des Communautés culturelles (MICC) aux différents organismes qui viennent en aide aux nouveaux arrivants est gelé à 10,7 M$.

Une situation difficile pour les organismes comme le Carrefour d’aide aux nouveaux arrivants (CANA), qui offre ses services à près de 1000 immigrants du quartier Ahuntsic.

«Avec le financement actuel, on peut répondre adéquatement aux besoins d’environ 450 personnes, mais puisqu’on ne refuse personne et qu’on aide beaucoup plus d’immigrants, cela signifie que notre implication devient souvent bénévole», explique Florence Bourdeau, directrice du CANA.

Une évolution inégale

En l’espace de 12 ans, le nombre d’immigrants admis au Québec chaque année a plus que doublé, passant de 26 000 à 54 000. Le budget alloué par le MICC à l’action communautaire est quant à lui resté sensiblement le même, augmentant de moins de 30% et restant le même depuis deux ans.

Pourtant, les fonds provenant du fédéral pour l’intégration des nouveaux arrivants sont passés de 100 à 260 M$ en 12 ans et continuent d’augmenter d’année en année. Le MICC investit donc la grande partie des fonds dans d’autres sphères d’activités liées à l’immigration, comme l’administration du ministère, la lutte contre le racisme, etc.

«Il y a énormément de saupoudrage. Il est impossible de faire un suivi de cet argent et de mesurer l’impact concret des dépenses du MICC sur la qualité de vie des immigrants», estime Mme Bourdeau.

«Je crois qu’il n’y a tout simplement pas de volonté politique d’investir dans les organismes communautaires», note-t-elle.

Des services limités

À l’instar des autres organismes du genre, le CANA offre de nombreux services aux immigrants: orientation, francisation, sessions d’information, activités d’intégration, aide pour remplir des formulaires, etc. Toutefois, le manque de moyens empêche l’organisme d’aller plus loin dans ses actions.

«Pour l’instant, avec notre budget, on s’arrête aux besoins immédiats. On aide les immigrants à répondre à leurs besoins de base, comme se loger, se nourrir, se vêtir, mais souvent on ne peut pas aller plus loin et les aider à se constituer un réseau social, ce qui est très important pour l’intégration», explique-t-elle.

Selon Stephen Reichhold, directeur général de la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes, les organismes communautaires du Québec auraient besoin d’au moins 3M$ supplémentaires de la part du MICC pour remplir leur mandat. Mme Bourdeau reste toutefois pessimiste et doute que le gouvernement décide d’investir davantage.

«On aurait besoin d’au moins deux ou trois employés de plus pour mieux fonctionner, mais cela représente des salaires. En ce moment nous ne sommes pas assez et en plus je passe la moitié de mon temps à chercher des partenaires financiers», avoue la directrice du CANA.

Outre le soutient financier du MICC, le CANA bénéficie de contributions de l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville, de Centraide et de la Commission scolaire de Montréal. Centraide contribue au tiers du financement de l’organisme. «Sans ce genre de soutien, on ne pourrait pas exister», confie Mme Bourdeau.

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