349 arbres seront coupés par Hydro-Québec dans Ahuntsic
Ces coupes sont nécessaires en vertu de nouveaux critères d’acheminement de l’électricité vers les États-Unis, critère émis par la North American Electric Reliability Corporation (NERC). Ainsi tous les arbres dépassant la nouvelle hauteur réglementaire de 2,5 mètres doivent être abattus, ce qui totalise 349 arbres, d’après le dénombrement d’Hydro Québec. Mais le nœud du problème entre les élus vient du fait que la société d’État n’assume qu’une partie du travail: les arbres sont effeuillés et taillés, mais les troncs et les souches devront être ramassés par l’arrondissement. D’après Étienne Brunet, les coûts pour Ahuntsic-Cartierville, incluant la replantation de tous les arbres, se chiffreraient à 400 000 $ si l’on estime qu’un arbre, incluant son entretien, coûte en moyenne 1 100 $.
Le maire indépendant nuance cependant ce chiffre: « Il faut faire la part des choses, de ce 349, seulement 20%, soit 70 arbres, ont été plantés par l’arrondissement, le reste étant des espèces indigènes. Ainsi, il n’y a que les 70 arbres que nous avons plantés, qui devront être remplacés. » Ce que réfute avec force M. Brunet: « nous sommes fiers de nos parcs et de nos arbres. Nous avons l’une des canopées les plus étendues à Montréal, il serait malheureux de réduire cette couverture arborescente alors que la Ville en a fait une priorité dans son plan de développement durable. En ville, chaque arbre est une richesse pour la qualité de l’air, peu importe s’il s’agit d’une essence noble ou d’un arbuste ».
La question des compensations
Hydro-Québec offre des programmes de compensation aux municipalités pour les travaux liés à la construction de ligne de transport d’électricité ou de postes de transformation avec le Programme de mise en valeur intégré. Il n’y a aucun programme pour les dommages causés lors de l’entretien des lignes électriques. Étienne Brunet déplore que ce type de programme ne s’applique pas à la coupe des 349 arbres d’Ahuntsic et à ceux qui seront coupés dans les autres arrondissements: « Il faut s’adresser au Conseil de la Ville pour que tous les arrondissements concernés parlent d’une seule voix forte et négocient avec Hydro-Québec une compensation. Celle-ci devra être utilisée uniquement pour la stratégie de verdissement et de plantation des arrondissements afin de remplir les objectifs du Plan d’action canopée qui sont actuellement compromis par ces coupes », a indiqué M. Brunet.
Pour le maire Gagnier, une approche collaborative est beaucoup plus envisageable: « Hydro-Québec est notre partenaire à longueur d’année, il faut donc travailler avec eux. Plutôt que de réclamer une compensation, nous allons insister pour que la société d’État aille de l’avant avec certains projets en instances. C’est le cas de l’enfouissement des fils électriques sur Chabanel, dont un seul côté a été réalisé, ou encore un projet sur lequel j’insiste depuis longtemps, celui de retirer la tour électrique au coin du boulevard Laurentien et de la rue de Louisbourg ». Une telle approche concertée, assure le maire, permet des résultats intéressants pour les deux parties, en plus de servir les citoyens: « tout le monde est gagnant », résume-t-il.
L’arrondissement a demandé un délai à Hydro-Québec avant de procéder à la coupe, requête qui a été acceptée.