Ahuntsic-Cartierville
15:31 3 novembre 2015 | mise à jour le: 3 novembre 2015 à 15:31

Une ruelle cédée aux résidents

Une ruelle cédée aux résidents
Photo: Amine Esseghir/TC Media

La ruelle située au sud-est du boulevard Gouin Est, entre l’avenue Bruchési et la rue De Lille, est devenue propriété des résidents riverains. Ces derniers avaient fait une demande pour acquérir la ruelle en 2012. La ville a considéré qu’elle avait plus d’avantages à tirer des taxes foncières de cet espace que de le garder sous sa propriété.

La Ville a adopté, lors du conseil municipal du 26 octobre, le règlement de fermeture de la ruelle avant son transfert aux nouveaux propriétaires. La ville cède gratuitement les terrains concernés et percevra des taxes foncières sur les lots ainsi donnés aux propriétaires des immeubles contiguës. L’administration justifie sa décision par le fait que la ruelle est inaccessible pour la circulation et qu’elle ne sert pas de desserte arrière des bâtiments riverains.

«Les ruelles qui ne peuvent pas être cédées sont celles qui sont utilisées pour le stationnement, ce qui est un peu contradictoire avec la nature d’une ruelle», note Émilie Thuillier, conseillère d’Ahuntsic. On compte au moins 150 ruelles à Ahuntsic. Ce sont souvent des vestiges urbains qui rappellent le passé campagnard d’Ahuntsic.

Diversité et nature
En mai 2014, dans le cadre des promenades de Jane, la conseillère d’Ahuntsic avait guidé des résidents à travers des ruelles faisant découvrir cette diversité urbaine presque totalement cachée. «Depuis, nous avons demandé un recensement de ces ruelles pour voir les possibilités de les développer», indique Mme Thuillier. L’étude a été réalisée par un étudiant en maîtrise.

Les ruelles sont souvent des coins de verdures en plein milieu de la ville, mais qui ne profitent qu’aux riverains. Elles sont tout autant l’expression d’une diversité naturelle qu’administrative et organisationnelle. Certaines de ces ruelles sont prises en charge par les résidents de manière informelle. Ils les entretiennent et les déneigent. D’autres ne sont que les extensions des cours des habitations qui les bordent, permettant aux enfants d’en faire des terrains de jeux.

«Les ruelles qui sont cédées aux résidents sont souvent celles qu’on ne voit pas, explique Mme Thuilier. Elles sont souvent occupées par les résidents et c’est lorsqu’une personne désire creuser une piscine par exemple qu’elle apprend que le terrain fait partie d’une ruelle.»

Il faut savoir que selon la Charte de la ville de Montréal, il est possible pour des résidents de demander l’acquisition d’une ruelle contiguë à leur propriété. Si la Charte précise les conditions d’une telle demande, elle ne donne pas les justifications qui permettent d’y répondre positivement. Il faut les signatures de deux tiers des résidents concernés pour qu’une requête de ce genre soit recevable.