Manque de coordination pour lutter contre le bruit
Une étude récente de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) révèle un manque flagrant de coordination entre les différentes institutions provinciales et municipales en matière de lutte contre la pollution sonore, notamment celle causée par le trafic aérien. Cette synchronisation déficiente empêcherait la mise en application d’une règlementation efficace pour réduire le bruit nuisible.
Le document intitulé Avis sur une politique québécoise de lutte au bruit environnemental: pour des environnements sonores sains souligne qu’au moins 10 ministères et 11 organisations publics sont concernés d’une manière ou d’une autre par la lutte contre les bruits nuisibles à la santé. Or, toujours selon la publication, aucune politique publique ne coordonne leurs efforts.
«Les mécanismes de prévention dont disposent les ministères, en plus d’impliquer divers acteurs, sont de poids décisionnel inégal», souligne le rapport diffusé par l’INSPQ.
Publié l’automne passé, le document compile des dizaines de publications scientifiques et de rapports sur la question. Si les transports sont la principale source de ces nuisances, le bruit des avions est présenté comme le plus perturbant.
Manque de coordination
Le document précise que les administrations concernées ne communiquent pas entre elles en matière de pollution sonore. Il cite plusieurs cas de carence dans l’harmonisation. Par exemple, concernant le bruit des avions, il souligne qu’au Canada, les cartes de prévision d’ambiance sonore élaborées pour planifier l’usage des terrains près des aéroports ne sont pas obligatoires.
«Ces cartes peuvent être mises à la disposition des pouvoirs provinciaux et municipaux», lit-on. Les villes éviteraient ainsi de rendre constructibles les terrains situés dans les zones de développement des aéroports. De plus des lois ne sont pas appliquées par les administrations faute de règlements permettant de les exécuter. «D’autres mesures ne font pas l’objet de suivis ni de contrôles», écrit-on.
La publication de l’INSPQ souligne également que les arrondissements de Montréal réglementent le bruit de manière différente. Par exemple, l’arrondissement de Saint-Laurent interdit les constructions habitées dans les zones de bruit, ce qui n’est pas le cas des arrondissements limitrophes.
Pour Raymond Prince, directeur de l’association les Pollués de Montréal-Trudeau, dont le siège est à Ahuntsic-Cartierville et qui regroupe des citoyens irrités par le bruit des avions au-dessus de leurs maisons, cette étude est une excellente nouvelle.
Pour lui, il est indispensable que les entités publiques concernées par le bruit se parlent entre elles. «Cela nous permettrait d’avoir un porteur de dossier capable de trouver des interlocuteurs et défendre les intérêts des citoyens.»
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