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Un terrain vacant, cauchemar d’une résidente

Photo: Amine Esseghir/TC Media

Un terrain de près de 1000 2 sur le boulevard Gouin, qui longe les berges de la rivière des Prairies, est laissé vacant depuis plus de 60 ans par la Ville. Une situation qui engendre des désagréments pour une citoyenne.

Marie Yola Pierre-Jérôme n’en peut plus de voir les mauvaises herbes envahir sa propriété. Elle tient à entretenir sa jolie maison située sur le boulevard Gouin, mais elle ne comprend pas pourquoi elle doit s’occuper aussi d’un terrain voisin qui ne lui appartient pas.

«Les gens qui passent à proximité croient que tout est à moi et s’il y a des herbes folles ou des détritus, ils supposent que c’est moi qui ait laissé le terrain à l’abandon», explique-t-elle. Depuis cinq ou six années, elle ne veut plus s’occuper ce lopin de terre.

«Si un citoyen laissait son terrain sans entretien, il recevrait une amende salée, mais quand c’est la ville qui ne s’occupe pas de son bien, qui peut la réprimander?», s’inquiète-t-elle.

Un problème récurrent
Depuis 35 ans qu’elle habite dans le coin, elle raconte en avoir vu de toutes les couleurs. Elle se proteste à cause d’une végétation incontrôlée, des animaux qui occupent les lieux et même des gens qui viennent y jeter des ordures.

Chaque année, dès que la neige fond, elle sait qu’elle doit contacter l’arrondissement pour leur demander de passer. Elle appelle au 311 ou envoie des courriels pour se plaindre de la situation. Elle constate que rien n’est fait pour nettoyer le terrain.

«Personne  n’est venu pour nettoyer jusqu’à ce jour 24 mai 2016. Or, je suis fatiguée de  payer chaque année  pour semer ou étendre du gazon qui sera  envahi par les  mauvaises  herbes venant du terrain de  la Ville  de  Montréal» , écrit-elle dans une récente correspondance désespérée, adressée à l’arrondissement.

«Nous avons envoyé des inspecteurs pour voir ce qu’il y a lieu de faire», indique Émilie Miskdjian, chargée de communications à l’arrondissement.

Longue histoire
Le terrain a été acquis par la ville dans les années 1960 pour effectuer des travaux de salubrité. Deux énormes collecteurs d’égouts y ont été enfouis. C’est la raison pour laquelle il est laissé en friche.

«Les installations souterraines ne permettent pas de construction dessus, par ailleurs l’usage est limité sur ce terrain. Même des plantations avec des racines peuvent endommager les tuyaux», souligne Harout Chitilian, conseiller de Bordeaux-Cartierville. Il assure qu’un entretien régulier y est effectué. «Mais pas comme pour un parc», reconnaît-il.

Pour Mme Pierre-Jérôme l’usage du terrain importe peu. «Ce qui me dérange c’est qu’ils laissent le terrain à l’abandon, dit-elle. Je suis en train de voir qu’un arbre penche dangereusement sur ma maison et personne ne vient vérifier ce qui se passe.»

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