Hochelaga-Maisonneuve
14:51 19 février 2021 | mise à jour le: 19 février 2021 à 15:33 temps de lecture: 4 minutes

Zone rouge: éclosions de graffitis en temps de Covid-19

Zone rouge: éclosions de graffitis en temps de Covid-19
Photo: Frédéric Hountondji/Métro MédiaLe phénomène des graffitis prendrait de l'ampleur

Il n’y a pas que le coronavirus qui se répand en zone rouge depuis le début de la pandémie. Le nombre de graffitis a bondi dans l’est de Montréal depuis un an, selon l’organisme Y’a QuelQu’un l’aut’bord du mur (YQQ), qui intensifie sa lutte contre les actes de vandalisme.

L’organisme situé dans Mercier-Ouest a conclu des ententes avec les arrondissements de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, Rosemont–La Petite-Patrie et Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles pour offrir aux résidents et commerçants un service gratuit d’enlèvement de graffitis.

Daphné Mailloux-Rousseau, directrice générale d’YQQ, remarque qu’avec la Covid-19 et son lot de stress, de confinements et de pertes d’emplois, certaines personnes s’en prennent aux immeubles et au mobilier urbain pour manifester leur colère, leur inquiétude et leur peur.

«On a vu qu’il y avait une augmentation des graffitis. Les graffitis haineux, violents sont apparus en plus grande quantité. Notre priorité c’est toujours les graffitis haineux, violents et sexistes», énonce-t-elle.

Plus de 8000 mètres carrés de graffitis

En 2020, ce sont plus de 7 500 mètres carrés de graffitis qui ont été ôtés dans Mercier–Hochelaga-Maisonneuve et  près de 370 mètres carrés dans Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles. Ils sont surtout visibles sur les immeubles vacants, les chalets de parcs et autres endroits passants.

Les artères commerciales sont aussi prioritaires dans la lutte contre les graffitis afin de les maintenir propres, sécuritaires et accueillantes. Mme Mailloux-Rousseau mentionne que ces dessins donnent un sentiment d’insécurité et dénotent une tension sociale.

Viviane Caron, directrice générale de l’Association des commerçants de Tétreaultville, a indiqué que l’ACT a fait retirer la grande majorité des graffitis des murs des bâtiments commerciaux de son territoire durant l’été.

«Puis, dès l’automne, nous avons vu une recrudescence importante de nouveaux graffitis sur des bâtiments vacants, mais aussi sur des bâtiments occupés, ce qui est très déplorable», condamne-t-elle.

L’organisme YQQ découvre malheureusement que les moyens disponibles ne sont pas à la mesure de l’ampleur du phénomène. «Dans Rivière-des-Prairies, il y a eu moins d’argent alloué à l’enlèvement de graffitis par l’arrondissement, révèle la directrice générale d’YQQ. Il y avait des coupures qui étaient nécessaires dans le fond, mais ce n’est pas parce qu’il y avait moins de graffitis, c’est parce qu’il y avait moins de budget.»

Pour sa part, l’arrondissement de Rivière-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles précise que le contrat octroyé pour l’enlèvement en 2020 a été élaboré à la lumière des données des années antérieures et ce, en adéquation avec les besoins. Il a ajouté qu’un objectif de 800 mètres carrés était visé, soit une augmentation de 100 mètres carrés comparativement aux interventions réalisées en 2019.

«Habituellement, un montant additionnel était également octroyé pour les activités de sensibilisation, mais en raison du contexte pandémique, ce volet n’a pas été déployé en 2020», explique la chargée de communication, Maika Bernatchez.

Projets de murale

Afin de prévenir la pratique, trois mesures ont été mises en place: la tenue d’ateliers à l’intention des jeunes pour les sensibiliser aux conséquences des graffitis et orienter leur créativité de façon à ce qu’ils ne vandalisent pas; la plantation de plantes grimpantes qui n’abîment pas les mortiers des murs et le développement de projets de murales. Pour la sensibilisation, un chargé de mobilisation à temps plein ainsi qu’une chargée de projets en graffitis et en murale à temps plein ont été recrutés.

Mme Mailloux-Rousseau a réitéré que le confinement n’a pas généré uniquement des graffitis dans les arrondissements et souligne aussi la créativité à laquelle on assiste avec les murales.

«Ce sont deux phénomènes. Il y a à la fois plus de graffitis et plus de demandes d’embellissement. Au niveau des murales, on a réalisé 300 mètres carrés l’an passé et en ce moment, on gère un carnet de commandes quatre fois plus important alors que la saison n’est même pas commencée», réalise-t-elle.

Le carnet de commandes couvre actuellement Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, Rosemont–La Petite-Patrie et Montréal-Nord. La directrice générale d’YQQ note un engouement pour les murales dans Mercier-Est et Mercier-Ouest.

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