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Urgences qui débordent: l’empathie envers les non-vaccinés «s’estompe légèrement»

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Les urgences débordent dans plusieurs hôpitaux, une situation généralisée au Québec. L’infirmière-chef de l’urgence de l’Hôpital de Verdun, Érika Fontaine-Pagé, témoigne du fait que les journées de travail sont «plus longues, difficiles, stressantes et épuisantes» depuis la montée des cas de cette cinquième vague.

En date du 6 janvier après-midi, l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, l’Hôpital de LaSalle, l’Hôpital général juif, et le Centre universitaire de santé McGill (CUSM) ont tous des taux d’occupation qui dépassent 150% aux urgences. À l’Hôpital de Verdun et à l’Hôpital Notre-Dame, on recense 61 nouvelles hospitalisations, dont 24 en raison de la COVID-19. 

«Les urgences fonctionnent à pleine capacité, c’est tenu à bout de bras dans nos établissements et c’est le même portrait panquébécois», mentionne le conseiller aux relations médias du CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal, Danny Raymond. 

Il réitère qu’à travers la province les personnes non vaccinées représentent 50% des patients hospitalisés aux soins intensifs, alors qu’ils ne comptent que pour 10% de la population. 

L’infirmière-chef Érika Fontaine-Pagé croit que les non-vaccinés ne réalisent pas l’impact de ce choix sur le personnel de la santé. «Il y a une petite irritation envers les gens qui sont non vaccinés. Seulement aujourd’hui, à l’urgence, on a plusieurs cas positifs à la COVID-19 et, dans toutes les tranches d’âge, il y a des gens non vaccinés. L’impact est très grand sur notre quotidien et ce n’est pas vu à sa juste valeur auprès des non-vaccinés», relate Mme Fontaine-Pagé. 

Elle constate que plus de patients COVID doivent être hospitalisés en comparaison avec ce qui s’est passé pour les autres vagues. Elle mentionne qu’au moins une dizaine de travailleurs sont nécessaires pour s’occuper d’une personne hospitalisée à l’urgence. «Je pense que ce qui n’est pas vu, c’est toute l’ampleur de ce que requiert un seul et unique patient COVID positif. Tout le monde est hyper mobilisé et ce sont des ressources que, en ce moment, le système de santé n’a pas les moyens de déployer», souligne l’infirmière-chef. 

Pas de répit 

L’une des particularités du service des urgences est qu’il fonctionne selon le nombre de patients. Ainsi, un fort achalandage requiert plus de personnel. «On doit continuellement revisiter nos départements en zone rouge parce que le nombre de cas augmente. Tout cela avec du personnel en moins», déplore Mme Fontaine-Pagé. 

Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, a fait savoir jeudi que 20 000 employés du réseau sont absents en raison de la COVID-19. 

Ce qu’on fait le mieux aux urgences, c’est d’appliquer notre capacité d’adaptation, mais cette capacité est mise à rude épreuve dernièrement.

Érika Fontaine-Pagé

L’infirmière-chef se considère comme chanceuse d’avoir une équipe toujours motivée, même si ce n’est pas facile chaque jour. «On s’entraide dans nos motivations quotidiennes. Chacun, nous avons des journées avec un peu de découragement, mais ensemble on se motive et on utilise notre grande résilience», mentionne Mme Fontaine-Pagé. 

Comme bien d’autres travailleurs de la santé, elle fait plusieurs heures de travail de plus par jour depuis l’apparition du variant Omicron au Québec. «C’est de plus en plus difficile, mais on réussit de peine et de misère à y arriver», témoigne-t-elle.

Elle souhaite ainsi demander à la population de continuer à respecter les mesures sanitaires et de ne pas se présenter aux urgences si leur situation peut être évaluée par d’autres ressources, comme le 811, les pharmacies ou les cliniques. De plus, elle souhaite que les gens encouragent les soignants à poursuivre leur bon travail en leur montrant leur appui. «On en a besoin», conclut-elle. 

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