Un clocher disparaît au grand désespoir du voisinage
Un correspondant signalait en début de semaine, la démolition surprise du clocher d’une petite église protestante, vendue il y a plus de deux ans à un groupe d’une autre dénomination religieuse. L’affaire a créé tout un émoi dans le voisinage et un inspecteur de l’arrondissement a été dépêché sur les lieux.
L’église du 7325, rue Ouimet dans Crawford Park ne profite pas d’un classement particulier en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel par le ministère de la Culture et des Communications du Québec. On notera cependant qu’un immeuble ayant une certaine valeur architecturale et patrimoniale selon les autorités municipales ne peut être transformé ou modifié sans l’autorisation du service d’urbanisme. Afin de préserver l’harmonie d’un quartier de maisons de style «war time», des normes sont en vigueur dans le secteur résidentiel à Crawford Park.
Hélas, il n’y pas de normes semblables pour les lieux de culte. Toutefois, peu importe le bâtiment, qu’il soit privé, institutionnel, commercial, industriel ou résidentiel, on ne peut le transformer ou le modifier sans obtenir un permis municipal et parfois une dérogation du conseil lorsque la demande constitue un accroc au zonage des lieux.
Des démarches auprès du conseil ont été faites par les nouveaux propriétaires (la Guru Nanak Sikh Association) de cette petite église jadis connue sous le nom de «All Saint». «L’installation de nouveaux garde-corps, la modification du symbole religieux au-dessus du clocher, la réfection de la toiture, ainsi que le sablage et la peinture des bardeaux de bois du bâtiment » figurent dans le texte de la demande votée sur division au conseil d’arrondissement en septembre 2011.
Un lecteur du Messager et voisin de l’église affirme dans une lettre qu’il a fait parvenir au journal que «plusieurs demandes de démolition de ce clocher ont été déposées au comité d’urbanisme (une des demandes souhaitait le remplacer par un dôme doré) au cours des deux dernières années».
Le correspondant précise que toutes ces demandes ont été rejetées et que l’arrondissement a obtenu de Patrimoine Montréal, une confirmation que ce clocher était jugé patrimoine religieux.
Quelle surprise dans le voisinage de la rue Ouimet de constater la disparition du clocher au cours de la fin de semaine du 27 octobre dernier. À l’arrondissement, on a envoyé dès lundi, un inspecteur qui a adressé un ultimatum au propriétaire l’obligeant à remettre le plus rapidement possible à sa place ce clocher. À la mairie de Verdun, on ose croire que le couvreur a enlevé le clocher pour terminer son travail, pour le réinstaller après.