IDS-Verdun

Pont local à Verdun : échéancier contesté

Photo: Archives TC Media
Stéphanie Alcaraz Robinson

D’ici 2018, le maire de Verdun veut construire un pont local d’environ 35 M$ pour atténuer la circulation qu’occasionnera la construction du nouveau pont Champlain. L’opposition au conseil d’arrondissement demeure sceptique et qualifie l’échéancier de «très ambitieux».

Jean-François Parenteau, le maire de Verdun, persiste et signe : le pont local entre la terre ferme et L’Île-des-Sœurs viendrait bonifier les mesures de mitigation qui seront déjà élaborées par le gouvernement fédéral afin de minimiser l’impact sur la circulation des voitures.

«Si on arrivait avec cette mesure, ça serait beaucoup plus fluide pour la circulation. Le pont viendrait alléger le flot de trafic pour le temps des travaux sur le pont Champlain», explique M. Parenteau.

L’arrondissement espère boucler les démarches préliminaires en vue de l’aménagement du pont local en 2017. La construction, elle, s’achèverait quelques mois plus tard. Or, l’ouverture à la circulation du pont Champlain est prévue pour 2018.

Échéancier irréaliste selon Projet Montréal

Projet Montréal remet en question le calendrier prévu pour la construction.

«Je mets en doute cette échéance…», laisse planer la conseillère de l’opposition de l’arrondissement de Verdun, Marie-Andrée Mauger. Selon elle, les échéanciers prévus par l’arrondissement sont «très, très ambitieux».

Jennifer Whiteside, coordonnatrice de l’association locale de Projet Montréal à Verdun, n’est pas convaincue de la pertinence de la mesure de mitigation. Elle croit que le pont ne fera qu’augmenter l’utilisation de l’automobile à Verdun, qui est déjà un problème, selon elle.

«Il y a plusieurs questions à propos de la faisabilité de ce plan. Je crois également qu’il est important de mentionner que nous travaillons avec un grand manque de renseignements. Il n’y a toujours pas d’études sur l’impact environnemental – le trafic, le bruit, la pollution. (…) L’échéancier n’est pas réaliste.»

Études exhaustives
Le maire de Verdun ne pense pas que les délais soient irréalistes ni qu’il soit superflu de prévoir une nouvelle mesure de mitigation.

«C’est la portion [du futur pont Champlain] juste sur le dessus du fleuve qui sera prête en 2018, explique le maire. On n’a pas fait l’autoroute, le prolongement, etc. Il va y avoir une circulation, mais tout n’est pas terminé en 2018. Les travaux se poursuivent jusqu’en 2020.»

Adel Francis, un ingénieur et professeur à l’École de technologie supérieure pense que la construction du pont pourrait se faire rapidement, mais que le travail qui doit être fait en amont est fastidieux.

«Quand on voit tout ce que la construction d’un pont implique, on voit que c’est très complexe.»

Bien que les échéanciers de l’arrondissement ne soient pas farfelus, selon M. Francis, il faudra que tous les astres soient alignés afin d’obtenir études et permis à temps.

«Les délais avant la construction seront très prolongés. Il faut faire des permis et de nombreuses études. On doit penser aux études hydrauliques et hydrotechniques, on doit obtenir les certificats d’autorisations environnementales et faire les devis, les plans, etc.»

L’expert du département de génie de la construction ne veut pas s’avancer sur les chances de réussite du projet, car les détails ne sont pas connus.

Projet embryonnaire
Pour l’instant, le projet demeure assez embryonnaire. Une analyse des besoins est en cours. Le projet final sera prêt à être présenté en février.

Le montage financier est également en chantier.

«C’est certain que je ne veux pas que ce soit aux Verdunois à payer la facture, argue le maire. C’est une question de sécurité publique. Québec paiera pour la sécurité incendiaire et la ville aussi.»

Les études à faire seront entamées dès la présentation du projet au mois de février.

« Si la mesure n’est pas à son maximum, conclut le maire, c’est un pont qui demeure efficient pour les mesures d’urgence et c’est une bonne chose pour le transport commun.»

Articles récents du même sujet