IDS-Verdun
08:33 25 juillet 2015 | mise à jour le: 27 juillet 2015 à 11:08 Temps de lecture: 3 minutes

Offrir son terrain en échange d’un jardin

Offrir son terrain en échange d’un jardin
Photo: Anne-Frédérique Hébert-Dolbec/TC Media

Cultiver ses propres fruits et légumes, aussi alléchant que cela puisse paraître, exige temps et organisation. Pour les résidents de l’arrondissement Verdun qui n’y arrivent pas, la Coopérative Abondance Urbaine Solidaire (CAUS) propose de les aider dans la création et la culture de leur jardin, en échange de quelques denrées.

Jeudi, 17 heures. Nous rendons visite à Anne-Marie Yvon, propriétaire d’une charmante maison et d’un immense jardin dans le quartier Desmarchais/Crawford à Verdun. À notre arrivée, elle est en grande conversation avec Tracey Arial de CAUS, à propos de sa récolte impressionnante de haricots verts.

«Lorsque j’ai reçu le dépliant qui présentait l’initiative de CAUS, je me suis tout de suite portée volontaire. J’avais déjà un jardin, mais je manquais parfois de temps pour m’en occuper. En plus, il était beaucoup trop grand pour moi. Je trouve génial de pouvoir en faire profiter d’autres personnes.»

Jardins partagés
Le projet de Jardins partagés Parc Crawford permet non seulement aux participants de profiter des abondantes récoltes, mais aussi à tous les Montréalais.

«Nous demandons aux gens qui participent un contrat de trois ans, explique Mme Arial. Les gens nous prêtent leur terrain, et reçoivent le quart des produits cultivés en échange.»

Le reste est présenté et vendu aux marchés publics de Verdun. «L’objectif, c’est vraiment de montrer aux gens toute la diversité de produits que nous pouvons cultiver en ville. On veut qu’ils comprennent l’importance de manger local, mais aussi de cultiver sa propre nourriture,» ajoute la spécialiste en permaculture.

Le jardin de Mme Yvon est très diversifié. Haricots verts et jaunes, choux collard, choux frisés, courges, roquette, carottes, framboises, fraises, rhubarbes et groseilles colorent ses assiettes et réjouissent ses voisins.

Pour arriver à un tel résultat, CAUS visite ses clients à plusieurs reprises en début de saison, afin de préparer le terrain et concevoir le jardin. Plus tard dans l’été, les permaculteurs viendront récolter les fruits et légumes deux fois par semaine pour le marché, en plus de continuer à faire l’entretien de base lors d’une troisième visite.

Plantation complémentaire
Selon le principe de compagnonnage des plantes, CAUS propose aux participants des plants en lien avec leurs goûts, mais qui travaillent l’un avec l’autre, par exemple en attirant des insectes bénéfiques, en éloignant les bestioles nuisibles ou en apportant des nutriments essentiels tels que l’azote et le magnésium.

«Nous proposons des plants selon que les gens préfèrent les fraises ou les framboises, qui sont des fruits très appréciés mais peu compatibles dans le même environnement. Dans un petit jardin, on a besoin d’une grande diversité de cultures pour éviter d’utiliser des fertilisants chimiques», précise Mme Arial.

La coopérative, qui offre pour le moment uniquement ses services dans le quartier Desmarchais/Crawford à trois propriétaires, vise une clientèle de dix personnes afin d’offrir le maximum de diversité possible aux marchés publics.

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