Lachine & Dorval
11:13 25 mars 2020 | mise à jour le: 25 mars 2020 à 11:13

Le démon des dépendances en période de confinement

Le démon des dépendances en période de confinement
Photo: Messager Lachine & Dorval - ArchivesMalgré le confinement provoqué par la pandémie de la COVID-19, la plupart des groupes anonymes parviennent à organiser des rencontres virtuelles pour aider leurs membres.

Les membres de groupes comme les AA peuvent vivre difficilement la période de solitude liée au confinement, menant à des rechutes possibles. Puisque les rassemblements sont interdits, des séances virtuelles sont organisées afin de les soutenir dans cette épreuve.

Durant les premiers jours d’isolement, le mouvement des Alcooliques anonymes (AA) a reçu trois fois plus d’appels qu’en temps normal.

«L’isolation cause beaucoup d’anxiété et d’insécurité chez nos membres, constate le coordonnateur Lucien Jean. Certains nous ont dit qu’ils étaient allés prendre une marche dans les derniers jours et avaient regardé dans les dépanneurs, considérant s’acheter de l’alcool.»

L’isolement affecte aussi les membres des Narcotiques anonymes (NA) de Montréal. «Ça peut les amener à prendre de mauvaises décisions», concède François, un bénévole.

Le stress et la solitude sont deux facteurs qui peuvent causer des rechutes, explique le professeur de travail social de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), Jacob Amnon Suissa. «Les gens sont souffrants et vivent de grandes difficultés, explique-t-il. Le lien social fait une grande différence pour le cerveau et il est impératif de le conserver.»

En ce sens, les NA, AA ainsi que les Gamblers anonymes réservés aux joueurs compulsifs s’adaptent, en organisant des conférences virtuelles ou téléphoniques avec leurs membres.

«Grâce à nos rencontres téléphoniques, on a réussi à en sauver plus d’un de retomber dans la dépendance», constate M. Jean.

Chez les Dépendants affectifs anonymes, toutes les rencontres ont été annulées, sans toutefois offrir de solutions alternatives. «Ces personnes pourraient vivre un grand vide, avertit M. Amnon Suissa. Ils auront à vivre un certain sevrage, car paradoxalement, ils sont peut-être dépendants à ces groupes.»

Thérapie

Toutefois, ces rassemblements d’entraide ne remplacent pas la thérapie. Le plus grand risque pour une rechute consiste à ne plus avoir de contacts avec des ressources comme un médecin, un mentor ou un proche. En situation de confinement forcé, il demeure essentiel de conserver des contacts sociaux.

Il est toujours possible de se voir à deux mètres, par téléphone ou sur un écran. On ne peut pas se prendre dans nos bras, mais on peut se rappeler qu’on est là pour l’autre. Il faut se donner du soutien», insiste le professeur Amnon Suissa.

Les éditions La Vigne ont fait un débrouillage complet des articles et des enregistrements de témoignages de personnes aux prises avec des dépendances à l’alcool sur leur plateforme web pour contrer l’isolement lié à la pandémie.

En collaboration avec Emmanuel Delacour

Pour de l’aide:

Alcooliques anonymes: (514) 374-3688

Dépendants affectifs anonymes: (514) 990-4744

Gamblers anonymes: (514) 484-6666

Narcotiques anonymes Québec : 1 855 544-6362

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