Lachine & Dorval
13:20 12 août 2020 | mise à jour le: 13 août 2020 à 15:44 temps de lecture: 4 minutes

Productions Multisens: jouer pour grandir

Productions Multisens: jouer pour grandir
Photo: Éric MartelLes deux fondatrices des Productions Multisens célèbrent leurs 25 ans avec d’anciens participants, aujourd’hui impliqués dans l’organisation.

C’est pour créer des liens entre les générations par le jeu de la scène que deux Lachinoises, France Lafontaine et Sylvie Blanchet, ont démarré les Productions Multisens, qui créent des événements artistiques et offrent des cours de jeu. Après 25 ans d’existence, l’organisme à but non lucratif (OBNL) recherche aujourd’hui un financement substantiel pour poursuivre ses activités.

Les deux fondatrices étaient enseignantes au primaire lorsqu’elles ont réalisé que les écoles de la région qui offraient des cours de théâtre étaient rares, un phénomène qui persiste malgré les années.

Depuis, elles permettent à des acteurs en herbe de 6 à 17 ans de participer à une pièce de théâtre à l’Entrepôt chaque année.

«C’est Multisens qui m’a fait passer à travers secondaire. C’est vraiment ce qui m’a motivé tout au long de mes études», confie une ancienne étudiante, Sandrine Roch, qui s’implique maintenant dans l’organisation des productions. Après avoir foulé la scène pour la première fois avec l’organisation à 8 ans, elle a eu la piqûre, au point de s’inscrire en théâtre au cégep.

Une équipe de professionnels comprenant metteurs en scène, dramaturges, spécialistes de costumes et de décors œuvrent à la conception de projets, faits sur mesures en fonction des participants.

Sortir de sa coquille

L’aspect pédagogique prend une place importante à l’intérieur des productions, si bien que plusieurs jeunes participants y apprennent à s’exprimer en public.

«J’ai enseigné à un garçon de 4 ans qui tremblait sur scène, dont on ne comprenait pas le texte, car il n’arrivait pas à parler fort, raconte la metteuse en scène Marguerite Hudon. Trois ans plus tard, c’était un autre enfant; il prenait sa place, parlait fort et aidait même les autres.»

Un autre ancien élève, Gregory Gagnon Tremblay, composait avec une grande timidité avant de rejoindre la troupe.
«Je me suis beaucoup épanoui ici. Je sens que j’ai amélioré mes capacités de communication et à créer des liens avec les gens», témoigne M. Gagnon Tremblay, qui participe désormais à la création des productions.

Constante adaptation

Les représentations prévues pour la dernière saison ont dû être annulées en raison des mesures de distanciation physique. Les pièces ont cependant été enregistrées en format radio-théâtre, lorsque les mesures de santé publique ont permis l’ouverture de studio d’enregistrement.

«Nous sommes en contact avec une radio communautaire pour diffuser les pièces, mentionne Mme Blanchet. Sinon, on a distribué les enregistrements aux jeunes. Ça leur fera de beaux souvenirs.»

La création de pièces audio supplémentaires est prévue. Celles-ci pourraient être offertes dans des résidences de personnes âgées. «On choisirait une pièce de leur époque, présentée avec un petit décor. On pense que ça serait une bonne manière de briser leur isolement», explique Mme Blanchet.

Aux prises avec un budget d’exploitation limité, l’organisation est à la recherche de solutions pour s’autofinancer. Elle songe à offrir des ateliers d’improvisation dans les écoles, à commercialiser les scénarios originaux et ses décors.

Le réseau d’experts en accompagnement d’entrepreneurs PME MTL a été mandaté pour réaliser une étude de marché pour déterminer les avenues par lesquelles l’OBNL pourrait engendrer des revenus.

«On a plusieurs choses qu’on veut développer. Cependant, elles ne se feront pas du jour au lendemain. On a besoin de soutien maintenant», insiste Mme Blanchet.

Il y a plusieurs mois, l’administration s’est présentée devant le conseil d’arrondissement pour demander du financement. Une rencontre était d’ailleurs prévue avec la mairesse Maja Vodanovic avant la pandémie.

«On croit énormément au théâtre et à l’art, statue l’élue. Mais on croit que comme les organismes, Multisens peut aller chercher de l’argent ailleurs, car on leur en offre déjà beaucoup.»

L’arrondissement loue deux locaux pour l’OBNL ce qui représente des dépenses de près de 30 000$. Un montant de 75$ par participant est également offert.

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