Lachine tient au patrimoine des Sœurs de Sainte-Anne
Les membres du conseil d’arrondissement de Lachine croient à l’importance de préserver une part importante du patrimoine des Sœurs de Sainte-Anne pour les générations à venir.
À cette fin, ils ont mandaté une firme spécialisée qui, d’ici quelques mois, fera état des objets à conserver, et à les rendre accessibles si possible au grand public.
«Cette communauté religieuse fait partie intégrante de l’histoire de Lachine. Les Sœurs de Sainte-Anne possèdent une grande collection de livres, d’objets d’art, de tableaux, de meubles anciens et de documents d’archives. Cet héritage sera possiblement dirigé vers d’autres musées, mais nous espérons pouvoir en préserver une partie afin de la partager avec les Lachinois de demain qui, eux, n’auront pas eu la chance de côtoyer nos sœurs, ni le privilège de les connaître», a expliqué le maire Claude Dauphin.
L’œuvre des Sœurs de Sainte-Anne
À une époque, les Sœurs de Sainte-Anne opéraient et œuvraient entre autres dans une cinquantaine d’écoles sur l’île de Montréal, dont quatorze à Lachine; aujourd’hui, plusieurs sont encore actives à Lachine et ailleurs.
Par exemple elles gèrent neuf écoles en Haïti. Elles ont même reconstruit une de celles-ci après le tremblement de terre de 2010, à l’aide d’une fondation bouddhiste de Taiwan et de la main-d’œuvre locale.
Elles sont aussi membres de deux organisations qui ont un statut consultatif aux Nations-Unies, d’où elles défendent le droit à l’eau pour tous et aident à combattre l’esclavage des femmes et des enfants à travers le monde.
Sciences, musique et arts visuels
Dans l’enseignement, ces religieuses s’intéressaient tout particulièrement aux sciences naturelles, à la musique et aux arts visuels. Elles formaient un des deux seuls ordres religieux au Québec qui s’intéressait à la peinture, à peindre d’après nature, d’après modèle.
Certaines d’entre elles s’instruisaient auprès de peintres renommées et plus tard dans de grandes écoles des beaux-arts à Montréal et à Paris et transmettaient leur savoir à leurs collègues qui enseignaient, à leur tour, cette méthode aux élèves.
Citons, entre autres, la talentueuse Sœur Marie-Hélène de La Croix, qui a fait construire un atelier de deux étages, toujours intact, dans la maison-mère de la rue Provost, où elle enseignait aux religieuses et aux laïcs. Elle y peignait des portraits d’évêques et des grandes scènes religieuses qui allaient décorer des églises du Québec et d’ailleurs.
Les sœurs de Sainte-Anne ont exploré une variété de techniques d’arts visuels aujourd’hui disparues. Bref, des œuvres énigmatiques qui racontent leur vie. Et c’est cette vie et leur œuvre que Lachine tentera de conserver.