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Dépeindre l’invisible

Photo: Métro Média-Lisa Lasselin

Des élèves du CRDITED (Centre de réadaptation en déficience intellectuelle et trouble de l’autisme) ont produit 38 œuvres inspirées directement de leur personnalité. L’aventure a été riche en émotions pour toute l’équipe et a donné lieu à l’exposition «Hors-Carcan» qui a été présentée sur place le temps d’une journée, la semaine dernière.

Il a fallu un peu plus de six mois de travail pour que, élèves, professeurs et éducateurs parviennent à cet accomplissement.
Chaque participant présente un spectre dans l’autisme à un degré varié. Le but du travail a été de se représenter comme ils s’imaginaient, en un superhéros ou autre personnage de leur choix, ainsi que choisir les formes et les couleurs qui les inspiraient, le tout associé à une musique.
«On pourrait imager ce à quoi ressemble un travail de groupe avec la figure des trois singes sages, l’un ne pouvant émettre de son, l’autre ne voyant pas et le dernier ne pouvant entendre. Tous les élèves, avec leurs handicapes doivent apprendre à communiquer, avec nous et entre eux», explique Mathieu Riendeau, enseignant en intégration sociale secteur adulte de la CSMB.

Donner la parole

Derrière chaque cadre, il y a une histoire, comme celle d’un jeune garçon en fauteuil, dont nous taisons le nom, par respect du consentement. Il est non verbal et s’exprime par sa gestuelle plus ou moins saccadée. Il a décidé de se dépeindre en diable, en utilisant des couleurs sombres et a choisi la chanson phare du film «Il était une fois dans l’Ouest». Des choix de représentation qui ont mis les larmes aux yeux des membres de l’équipe encadrante. Pour en arriver à ce résultat, son professeur lui a posé des questions et est parvenu à deviner sa réponse en fonction de l’intensité de sa gestuelle.
«Nous travaillons beaucoup via le médium de l’art, comme la musicothérapie ou l’art textile, nous nous ajustons à leurs capacités et besoins. L’art est un excellent moyen de s’exprimer pour eux», précise Michèle Mathieu, chef en réadaptation du CIUSS Centre-Sud-de-l’île-de-Montréal.
En plus d’apaiser les élèves, l’exercice a permis aux professeurs et éducateurs d’améliorer leurs techniques de communication et surtout, le lien de confiance. Ce projet d’art-thérapie s’inscrit notamment dans une démarche d’intégration sociale, parmi de nombreux autres ateliers se déroulant au cours de l’année.

Six professeurs et sept éducateurs ont guidé une petite quarantaine d’élèves à travers un projet d’art.

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