Le Plateau-Mont-Royal

10 ans pour la librairie Le Port de tête

Depuis six mois, Le Port de tête a désormais un nouveau local en face du premier, au 269 avenue du Mont-Royal. Photo: Charlotte Lopez | TC Média

Avec la volonté de faire de la librairie Le Port de tête un lieu de rencontres autant pour les écrivains que les éditeurs et les lecteurs, les deux propriétaires ont relevé le défi d’être proches de leurs clients et de leur communauté, notamment en organisant plus de 100 évènements par an.

Après dix ans et près de 20 000 titres sur ses tablettes cette année, Le Port de tête fait partie de ces librairies indépendantes québécoises qui connait une belle croissance depuis ces dernières années.

Le nouveau local de la librairie

Avec désormais deux locaux l’un en face de l’autre au 262 et 269 avenue du Mont-Royal, les propriétaires Martin Turcotte et Éric Blackburn ont relevé de multiples défis, dont celui de créer un lieu dynamique permettant de créer des rencontres dans la communauté littéraire.

Tenir une telle librairie est un travail quotidien, souligne Martin Turcotte. «Il n’y a rien d’acquis, c’est aussi une des beautés de la chose, cela nous oblige à nous renouveler constamment, à trouver de nouvelles idées.»

Le Port de tête est pour lui une façon de créer des liens avec les gens et surtout de faire de belles rencontres. «C’est plus qu’un milieu de travail, c’est un milieu de vie, on se sent bien ancré à la fois dans le quartier et dans la communauté littéraire, on sent l’appui des gens autour de nous», précise-t-il.

Cette année, ce sont environ 130 évènements qui sont prévus dans la librairie, tels que des lancements, des tables rondes, des lectures, ou encore des entretiens avec des auteurs.

Renouveau

Dominique Lemieux, directeur général de la Coopérative des librairies indépendantes du Québec, assure que les librairies indépendantes vont très bien aujourd’hui, après une période de difficulté il y a environ quatre ans.

«De grosses craintes existaient notamment par rapport à la relève des librairies, à la nouvelle technologie, ou à la vente en ligne. Il y a eu un grand renouveau, des reprises réussies et des nouvelles librairies, souligne-t-il. Les ventes sont en croissance alors qu’elles diminuent dans les grandes surfaces et les chaînes de librairies.»

Selon l’Institut de la statistique du Québec, en 2016, le chiffre d’affaires des librairies indépendantes ont en effet augmenté de 4,5% par rapport à 2015. Entre 2014 et 2015, la croissance avait été de seulement 1,2%. Pour l’année 2017, la croissance serait de 5 à 6 %, selon Dominique Lemieux.

«Les lecteurs reconnaissent la plus-value de ces librairies et apprécient le contact avec des experts qui les conseillent, peu importe le type de lecteurs qu’ils sont, précise-t-il. Ils sont capables d’ajuster leurs produits en fonction des besoins de leur clientèle, ce que les grandes chaînes et grandes surfaces ne font pas.»

Ainsi, en proposant du neuf comme de l’usager, des livres de collections et des éditions plus rares ou numérotées, les propriétaires du Port de tête se permettent de diversifier l’offre et ainsi d’en avoir une meilleure que celle de magasins comme Renaud-Bray, situés à quelques minutes de marche de leur librairie.

Proches de leurs clients

Cette librairie de quartier se distingue également par le fait que les livres sont présélectionnés en amont par les 16 libraires de la boutique avec pour but de se concentrer sur les arts, la philosophie, la littérature et les sciences humaines.

«Le choix éditorial est fait par eux. Ils donnent leurs suggestions afin de pouvoir ensuite les proposer aux clients. L’équipe est composée de personnes de tous âges et de différents milieux ce qui permet aux lecteurs de trouver le libraire avec qui ils vont avoir le plus d’affinité et des goûts similaires pour choisir le livre qu’ils souhaitent», ajoute le copropriétaire.

Le Port de tête vend également sur la plateforme leslibraires.ca, qui regroupe 110 librairies indépendantes du Québec, des Maritimes et de l’Ontario.

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