Culture
08:40 11 septembre 2020 | mise à jour le: 11 septembre 2020 à 09:53 temps de lecture: 5 minutes

L’église Saint-Denis dans la mire de l’École supérieure de ballet du Québec

L’église Saint-Denis dans la mire de l’École supérieure de ballet du Québec
Photo: Corinne LabergeMarina Villanueva, maîtresse de ballet aux Grands Ballets Canadiens, est invitée à l’ESBQ cet automne.

Logée à la même adresse de la rue Rivard depuis près de quarante ans, l’École supérieure de ballet du Québec (ESBQ) caresse l’ambitieux projet de s’établir à l’église Saint-Denis. Tout n’est pas encore gagné pour la plus grande école de danse de la province, mais la direction est enthousiaste et déterminée à la doter d’infrastructures à sa mesure.

Vu de l’extérieur, le bâtiment ne laisse pas deviner qu’il abrite une telle vie artistique. Pourtant, les danseuses et danseurs de la division professionnelle qui s’exercent à travers les studios seront appelés à intégrer les Grands Ballets Canadiens (GBC) et d’autres prestigieuses compagnies.

«On fait partie du réseau des plus grandes écoles de ballet au monde. Je parle de l’Opéra national de Paris, l’École du Royal Ballet de Londres, l’École nationale de ballet du Canada à Toronto, l’American Ballet Theatre de San Francisco…», énumère la directrice artistique de l’ESBQ, Anik Bissonnette.

Celle qui a fait carrière avec les GBC rappelle que la compagnie, qui occupait des locaux dans leur bâtiment de la rue Rivard jusqu’en 2017, s’est relocalisée sur la rue Wilder à un endroit qui correspond aux standards.

«Je connais très, très bien l’édifice. J’ai dansé aux GBC pendant dix-huit ans et je suis directrice artistique de l’École depuis 2010. On est dans un ancien garage avec d’anciennes normes. Ils ont donc déménagé dans un espace plus grand et adéquat pour une compagnie internationale», indique Mme Bissonnette, ajoutant que l’ESBQ demeure la dernière grande école du Québec à ne pas avoir un édifice qui répond à ses besoins.

Or, rénover le système de chauffage, l’électricité, munir l’endroit d’un ascenseur et d’une cafétéria, notamment, impliquerait de cesser les opérations pendant les travaux. Ce qui est impossible. «Tous nos efforts sont consacrés à trouver un espace qui pourrait nous accueillir pour que nous puissions continuer nos activités», souligne le directeur de l’ESBQ, Alix Laurent.

«La raison pour laquelle on fait tout ça, c’est que le Québec s’est doté d’une grande école d’art dans les années 60. Si on veut garder cette logique de grande école de danse, on ne peut pas rester dans un édifice qui n’est plus adéquat et ne répond plus aux normes.» – Alix Laurent, directeur général de l’École supérieure de ballet du Québec (ESBQ)

Rester dans le Plateau

Avec le Conservatoire de musique et d’art dramatique du Québec et l’École nationale de théâtre du Canada à proximité, l’établissement est en plein cœur d’un pôle artistique et souhaite y demeurer. «Nous sommes un réseau d’écoles de formation artistique très fort dans le Plateau. Ce serait dommage de quitter ce milieu culturel qui est vivant», observe M. Laurent.

L’église Saint-Denis s’est positionnée naturellement dans les réflexions. Pour le directeur général de l’École, il s’agit d’une belle occasion de «faire la jonction entre l’art et les patrimoines culturel et cultuel».

Les gens de l’église se montrent tout à fait en accord avec un éventuel partenariat qui prévoit le maintien de leurs activités. En outre, les études menées jusqu’ici confirment que l’ESBQ pourrait effectivement élire domicile dans le bâtiment religieux et le presbytère. La construction d’une annexe s’ajouterait par ailleurs aux travaux de rénovation. Selon l’évaluation sommaire des coûts, l’ensemble du projet tournerait autour de 40 millions de dollars.

«La prochaine étape nous permettra de voir les coûts réels, d’évaluer combien exactement ça va coûter. La firme d’architectes avec laquelle on a travaillé nous a donné une idée, mais on veut plus de précisions, remarque M. Laurent.

Une fois qu’elle aura en main les chiffres officiels, la direction a l’intention d’assoir les partenaires gouvernementaux autour de la table. Puis, si tout va bel et bien de l’avant, elle procèdera à la vente du bâtiment actuel afin de contribuer au financement.

«Il reste tout de même plusieurs démarches à franchir avant d’arriver à dire que le projet est monté, livré et qu’on déménage, mais nous sommes très engagés là-dedans et nos partenaires aussi», assure le directeur. Il évoque un horizon de trois à quatre ans, «pour être sage».

Au-delà de permettre à ce joueur clé du milieu de la danse d’accueillir ses élèves en provenance de partout au Québec et de l’international dans un environnement renouvelé et conforme, l’initiative contribuerait à valoriser un lieu patrimonial symbolique du quartier.

«C’est un projet qui est hyper excitant pour nous, pour tout le milieu de la culture et pour le Plateau aussi.» – Alix Laurent, directeur général de l’École supérieure de ballet du Québec (ESBQ)

L’ESBQ forme une centaine d’étudiants du programme danse-étude dans le cadre de sa division professionnelle, qui inclue aussi des dizaines d’élèves du junior. Des cours de la division récréative sont également offerts à plusieurs danseurs amateurs.

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