Le Plateau-Mont-Royal

«Ne pas prendre à la légère» la COVID longue

La Dre Emilia Liana Falcone
La Dre Emilia Liana Falcone Photo: Hélène Lambin

Bien que l’on connaisse de mieux en mieux la COVID-19, le développement d’une forme longue de la maladie comporte encore son lot d’interrogations.

Avec l’augmentation exponentielle des cas de COVID-19 depuis l’arrivée du variant Omicron, la crainte de voir de plus en plus de patients présentant des symptômes à long terme s’installe.

La Dre Emilia Liana Falcone a mis sur pied au Institut de recherches cliniques de Montréal (IRCM), en février 2021, la clinique post-COVID de Montréal pour mieux comprendre ce phénomène. Elle nous fait part aujourd’hui des connaissances acquises depuis un an et des hypothèses concernant le développement de la COVID longue.

«[Depuis un an], on a définitivement une meilleure caractérisation des types de symptômes que les patients peuvent avoir», dit-elle.

Les symptômes les plus observés par son équipe sont la fatigue, le brouillard mental, les troubles cognitifs, l’essoufflement, les troubles du sommeil et les altérations olfactives.

«On est rendu à plus de 18 mois depuis la première vague et nous avons des patients qui rapportent des symptômes au-delà de 18 mois post-COVID, dit-elle. [Cependant] on voit des patients qui se rétablissent».

Elle explique que la COVID longue n’est pas la même pour tous. En effet, les symptômes varient en fonction des patients.

Différentes hypothèses à l’étude

La clinique explore différentes hypothèses pour expliquer le phénomène. La première est qu’une inflammation ou une dérégulation du système immunitaire expliquerait le développement de symptômes à long terme.

Une autre hypothèse explorée est la présence de particules virales qui resteraient dans l’organisme. C’est le cas pour les virus de l’herpès. Cette hypothèse expliquerait aussi la possible inflammation du système immunitaire.

Les données concernant ces deux hypothèses sont cependant toujours à l’étude et aucune conclusion n’est possible à l’heure actuelle.

Pour la Dre Falcone, le risque de développer des symptômes à long terme ne dépend pas de la sévérité des symptômes lors de la phase aiguë.

Pour la majorité des patients, ce sont les premiers symptômes qui persistent. Cependant, pour une proportion des patients, ils apparaîtraient plusieurs semaines, voire plusieurs mois, après.

Selon des études, les facteurs de risques seraient les suivants: être une femme, avoir eu plus de cinq symptômes dans la phase aiguë, faire de l’asthme et avoir des problèmes de santé en général.

Elle mentionne aussi que les études montrent que la vaccination diminuerait l’apparition de la  COVID longue.

Cependant, certains patients sans antécédents médicaux peuvent aussi la développer.

C’est le cas de Mélanie, qui a été infectée par la maladie en décembre dernier. Cette jeune étudiante de 26 ans en bonne santé a tout d’abord développé des symptômes typiques de la  COVID-19.

Plusieurs jours après la disparition de ses symptômes, d’autres sont alors apparus.

«J’avais beaucoup d’essoufflement avec des douleurs à la poitrine et au dos, beaucoup de fatigue», explique Mélanie.

«Il y a des difficultés respiratoires qui, selon le médecin, sont associées à la COVID longue, dit-elle.

J’ai un peu d’appréhension à savoir comment je vais pouvoir reprendre mes activités et dans quel état.

Mélanie

«Le message, ici, c’est de ne pas le prendre à la légère», explique la Dre Falcone.

Un impact à long terme sur le système de santé

Pour la Dre Falcone, bien que les études montrent qu’environ 10% des personnes infectées présentent une COVID longue, la gestion «d’une entité plus chronique» aura des répercussions sur le système de santé.

La prise en charge de ces patients peut être un gros poids pour le système de la santé en raison de la variété des symptômes et de la multitude de professionnels de la santé qu’ils doivent consulter. Ces mêmes professionnels peuvent aussi souffrir de la COVID longue. Leur retour au travail peut donc en être influencé, ce qui entraîne la menace d’une diminution des effectifs.

«Cette pandémie ne cesse de nous surprendre et il faut être prêt à s’adapter, explique-t-elle. On a appris énormément depuis la dernière année ».

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