Des voix s'élèvent pour décrier le sous-financement de la CSDM
M. Coupal, la situation à l’école Jeanne-Mance est loin d’être parfaite. Faute de budget, sa bibliothèque est fermée deux jours par semaine. Dans les classes, les manuels scolaires manquent. Même l’achat de chaises pour les élèves pose problème.
Malgré les difficultés, il estime que cette école secondaire du Plateau-Mont-Royal se porte mieux qu’avant.
« Il y a cinq ans, je n’aurais pas inscrit mon fils à cette école. Elle était couverte de graffitis et il y avait des problèmes d’intimidation. Le climat était malsain. Mais la situation a changé. »
Selon lui, c’est l’arrivée d’une nouvelle direction qui lui a donné un nouvel élan. Celle-ci a entre autres embauché de nouveaux surveillants, créé un volet international, mis sur pied un programme de réinsertion par le basket-ball et réinvesti dans le nettoyage de l’immeuble et du terrain.
« L’école a fait une remontée extraordinaire. Les inscriptions sont passées de 640 à 950. Mais pour la remettre à flot, pour offrir un service minimal, la nouvelle direction a dû créer un déficit. »
Selon lui, celui-ci se chiffre à 700 000 $; un manque à gagner qui doit être impérativement comblé.
Équilibre budgétaire
Pressée par le gouvernement, la CSDM s’est donnée comme objectif d’atteindre l’équilibre budgétaire d’ici 2016-2017. Déjà, les efforts commencent à porter leurs fruits. L’an dernier, le déficit d’exercice se chiffrait à 47,5 M$. En 2013-2014, il devrait se situer à un peu plus de 35 M$.
Selon la commission scolaire, les services aux élèves ne sont pas menacés. Mais M. Coupal estime qu’il n’y a déjà plus de gras dans lequel couper. Sans nouveaux investissements de la part du gouvernement, les services de première ligne seront forcément compromis.
« L’obsession du déficit zéro en cinq ans risque de saper les efforts de l’école Jeanne-Mance. Selon les calculs qu’a fait la direction, il faudrait couper huit postes de soutien ».
Il ajoute que si cela s’avère, l’école ne compterait que sur une seule orthopédagogue, deux surveillants d’élèves, une technicienne en éducation spécialisée, une technicienne en travaux pratiques et une bibliothécaire. Trop peu, selon lui, pour répondre aux besoins de près de 1000 élèves, dont environ le tiers souffrent de difficultés d’apprentissage.
Jacques Dionne, commissaire-parent au secondaire à la CSDM, souligne que l’école secondaire Jeanne-Mance n’est pas un cas unique.
« Dans toutes les écoles secondaires, c’est comme ça. Il manque de ressources professionnelles pour répondre aux besoins de tous les enfants. Quand vous avez un orthopédagogue pour 950 élèves, dont la moitié a des problèmes d’apprentissage, je ne vois pas comment le suivi se fait, sinon qu’au compte-goutte. »
« La commission fait de gros efforts pour améliorer sa situation financière, mais ça implique des choix épouvantables, opine Mélanie Robinson, commissaire-parent au primaire à la CSDM. La grande majorité des parents qui me contactent pour avoir de l’aide, c’est parce que leur enfant n’obtient pas le service qu’il devrait avoir. L’école ne peut tout simplement pas l’offrir. Chaque semaine, on a des cas comme ça qui se présentent. »
Selon M. Dionne, c’est une situation qui risque de dépérir au courant des prochaines années.
« La capacité d’accueil des écoles n’augmente pas, mais on prévoit un accroissement de 1000 élèves par an pour les 10 prochaines années. On voit déjà une pression supplémentaire sur les écoles. Notamment dans l’Ouest et sur le Plateau Mont-Royal »
Léon Coupal, Jacques Dionne et Mélanie Robinson ont pris la parole lors d’une conférence de presse à laquelle ils ont été invités par Québec Solidaire (QS) et le député sortant de Mercier, Amir Khadir.