Accessibilité aux médecins de famille : les GMF font-ils leur part ?
Selon le sondage commandé par le ministère de la Santé et des Services sociaux en 2012 sur l’accessibilité aux médecins de famille, le Plateau-Mont-Royal est le deuxième arrondissement détenant le plus faible taux d’accessibilité, ex aequo avec le secteur La Petite-Patrie-Villeray.
Pourtant, une patiente du GMF Clinique Notre-Dame, du CSSS Jeanne-Mance, a contacté le journal pour témoigner avoir constaté à plusieurs reprises que la salle d’attente était vide les soirs de semaine où elle s’y est rendue pour y voir un médecin sans avoir de rendez-vous. Le hic, c’est que la clinique n’accepte que les clients inscrits, refoulant d’emblée ceux qui n’y ont pas déjà un dossier.
« Ça fait six ou sept fois en deux ans que je me rends à la clinique sans rendez-vous le soir, et je suis souvent seule. Chaque fois, j’ai pu voir un médecin en moins d’une demi-heure, » explique la patiente, qui désire demeurer sous le couvert de l’anonymat.
Voulant vérifier cette situation, le journal Le Plateau s’est déplacé un jeudi soir, à 19 h 30, et a pu constater que la salle était effectivement vide alors que les consultations avaient lieu jusqu’à 20 h.
Dre Julie Lajeunesse, directrice des affaires médicales du Centre de santé et de services sociaux (CSSS) Jeanne-Mance est surprise de cette constatation.
« C’est vrai qu’il y a eu une journée cette semaine-là où il n’y pas eu beaucoup de patients, mais c’est normalement assez achalandé. » Selon ses données, il y avait entre 5 et 15 patients chaque soir, de 17 h à 20 h, la semaine de notre passage, soit du 6 au 10 janvier.
De plus, Dre Lajeunesse souligne le fait qu’il y a quatre salles d’examen dans lesquelles qui peuvent se trouver des patients. « Peut-être qu’il n’y a personne dans la salle d’attente, mais qu’il y a quatre patients en train d’être consultés en même temps. »
Les infirmières sont également sollicitées afin de tenir un rôle plus important dans la clinique.
« Elles font des évaluations téléphoniques et des suivis. Parfois, elles contactent directement les patients par téléphone, ils ne sont donc pas présents à la clinique.»
Statistiques non disponibles
Au moment de mettre sous presse, le CSSS Jeanne-Mance n’était pas en mesure de nous indiquer combien il y avait de médecins sur place au GMF Clinique Notre Dame les soirs où l’achalandage était moindre. On peut par contre expliquer pourquoi les patients non-inscrits ne peuvent être reçus. « Si le patient qui se présente n’est pas inscrit, explique Dre Lajeunesse, il doit se mettre sur la liste d’attente (GACO) pour qu’on puisse le prendre en charge. C’est plate pour lui, mais c’est comme ça. Les GMF n’ont pas l’obligation de voir toute la population du territoire. Par ailleurs, nous avons deux cliniques-réseaux sur notre territoire qui offrent des services. »
Caroline Denis, porte-parole du CSSS Jeanne-Mance, apporte également un bémol. « Depuis juillet, il y a un nouveau programme qui s’appelle Advanced Access. Ce programme permet au patient d’avoir accès à son médecin très rapidement, en 48 heures. Cela a donc un impact sur l’achalandage de la clinique sans rendez-vous. »
Les statistiques sur les nombres d’appels et de rendez-vous accordés par le programme ne sont toutefois pas disponibles. « Nous sommes en cours d’évaluation et nous n’avons pas encore les données », avoue Mme Denis. Commentant les résultats du sondage faisant état du manque d’accessibilité aux médecins de famille sur le Plateau, Mme Denis apporte certaines explications à cette situation.
« Nous avons beaucoup de médecins de famille sur notre territoire, mais il faut préciser la clientèle ne vit pas seulement sur le Plateau. Bon nombre de gens qui ont un médecin de famille sur notre territoire habitent à l’extérieur du Plateau, voire en périphérie de Montréal. Ce sont des personnes qui ont déménagés et qui ont gardé leur médecin de famille ou `qui peuvent trouver plus pratique d’avoir un médecin de famille proche de leur travail plutôt que de leur domicile », argue Caroline Denis.
Si d’autres CSSS interrogés détiennent des statistiques sur leur Guichet d’accès pour la clientèle sans omnipraticien (GACO), Mme Denis, lors de l’entrevue, n’était pas en mesure de nous informer du temps d’attente au GACO, ni du nombre de personnes inscrites sur la liste d’attente. Aucun chiffre précis non plus sur l’achalandage du GMF. Une seule statistique nous a été révélée.
« On constate que le délai d’attente a diminué de façon très importante, c’est-à-dire de 86,5 % en un an » nous a informés Mme Denis, sans préciser quel était désormais le temps d’attente moyen pour avoir un médecin de famille.
Près de la moitié des GMF n’atteignent pas leur cible. Lisez la suite du dossier ici.