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Accessibilité déneigée

Tranchemontagne Daphnée - TC Media
Si pour plusieurs la neige est associée aux plaisirs d’hiver, pour les personnes à mobilité réduite, elle représente un véritable obstacle. Par contre, cet hiver, elles sont une trentaine à bénéficier d’un service de déneigement d’appoint, sur le Plateau-Mont-Royal. Cette initiative, mise en place par l’administration locale à la demande du Regroupement des activistes pour l’inclusion au Québec (RAPLIQ), a été un vif succès, estiment les deux parties.

« Une de nos membres en fauteuil roulant habite la rue Rivard, soutient Linda Gauthier, présidente du RAPLIQ et résidente du Plateau. Elle travaille quatre jours semaine et elle doit absolument sortir de chez elle. S’il y a de la neige dans son entrée, on oublie ça, car le transport adapté ne peut pas aller la chercher, en hiver. »

« J’ai interpellé Luc [Ferrandez] à ce sujet. Il m’a dit qu’il serait en mesure d’implanter un projet-pilote. Crime, avant même que je le sache, c’était déjà sur pied! Je n’en revenais pas », confie-t-elle.

M. Ferrandez a dit avoir pu se « virer sur un 10 cents », puisqu’il s’agit d’un prolongement du programme de ramassage de papiers à la traîne, déjà en place depuis l’été dernier.

Au lendemain d’une précipitation de neige, des jeunes en réinsertion sociale dans le cadre du programme TAPAJ, de l’organisme Spectre de rue, se présentent, pelle à la main, aux résidences ciblées. Ils déneigent l’entrée du domicile jusqu’à la bordure du trottoir. Dans certains cas, à la demande des clients, ils déneigent aussi le balcon et la voiture.

« Les jeunes font une maudite belle job. C’est vraiment un service à la carte. Ils s’appuient sur les prévisions et sont là de bonne heure, car ils savent que certains d’entre nous devons sortir, que ce soit pour aller travailler ou aller à nos rendez-vous chez le médecin », soutient Mme Gauthier, qui ne tarit pas d’éloges.

Le programme de déneigement d’appoint ne s’adresse pas qu’aux membres du RAPLIQ, mais aux différentes personnes à mobilité réduite.

« La majorité de nos membres résident dans Ville-Marie et Rosemont – La Petite-Patrie. On a donc fait appel aux CLSC du Plateau et Jeanne-Mance qui nous ont référé des gens », explique-t-elle.

Un projet qui fait boule de neige

Le maire de l’arrondissement Le Plateau-Mont-Royal, Luc Ferrandez, se dit satisfait de cette expérience et souhaite l’élargir, dès la prochaine saison hivernale.

« On ne pense pas qu’il y a seulement 30 personnes à mobilité réduite sur le Plateau. On s’adresse à celles qui sont vraiment handicapées par l’hiver, celles qui ne peuvent plus sortir de leur domicile. Cette année, on a regardé si ça marchait, si c’était dur à coordonner, si les gens collaboraient, etc. On a vu que ça fonctionnait, alors l’année prochaine, on va passer à la vitesse supérieure », annonce-t-il.

Cette année, la mise en place du projet a coûté 3000 $ à l’arrondissement. Une somme supplémentaire de 500 $ a été octroyée au RAPLIQ pour sa coordination.

Des initiatives similaires pourraient voir le jour dès l’hiver prochain dans les arrondissements Ville-Marie, Rosemont – La Petite-Patrie et Saint-Michel – Villeray – Parc-Extension, a laissé savoir Mme Gauthier.

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